Brèves cinezic N° 3

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Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 3. Mars 2019.

Ils ressortent sur les écrans :

« Tommy » Film britannique de Ken Russel. 1H51. 1975. A l’origine il y a le double album des Who sorti en 1969 et qui se pose comme un « opéra rock » dont les titres s’enchaînent autour d’une même histoire. A cette date les compagnons de Roger Daltrey et Pete Townshend sont au sommet de leur gloire et s’illustrent sur les scènes mondiales comme à Woodstock en jouant les titres phares de leur œuvre : « Acid queen », « Pimball wizard », « I’m set free »… En 1975, le cinéaste subversif et baroque Ken Russell porte à l’écran cette histoire d’un jeune homme sourd muet et aveugle suite à un traumatisme de jeunesse, qui devient une star du flipper avant de connaître ensuite le déclin. Le film est véritablement musical reprenant l’essentiel des titres de l’album d’origine avec souvent des réorchestrations qui peuvent surprendre les amateurs de l’œuvre originale. A côté des membres du groupe, le film présente quelques invités de marque : Eric Clapton, « l’acid queen » Tina Turner, Elton Johnn. « Psychédélique » diront certains, pendant que d’autres qualifieront la construction de « décousue ». L’œuvre de Ken Russell compte d’autres films musicaux comme « La symphonie pathétique » biopic de Tchaïkovski (1970), ou encore « The boy Friend » (1971). Le film « Tommy » fait actuellement l’objet d’une reprise en version remastérisée.

Un extrait de Tommy : https://www.youtube.com/watch?v=Q8blcTsC5bw

«  Farinelli » Film de Gérard Corbiau, réalisé en 1994, biopic du célèbre castrat italien du 18ème siècle, Carlo Broschi dit Farinelli. Le film relève le défi de rendre compte d’une voix exceptionnelle mais dont nous n’avons bien sûr aucune trace auditive, si ce n’est dans les témoignages des contemporains. C’est donc sous le contrôle de l’Ircam qu’une voix de synthèse est réalisée pour le film à partir du mix d’un contre-ténor masculin et d’une soprano féminine, sans doute sans beaucoup de rapport avec la voix authentique du plus célèbre des castrats qui exerça une réelle fascination sur son auditoire. Le reste du film élabore une fiction romanesque sans beaucoup de rapport avec la vie de Farinelli, brodant sur les rapports avec son frère ou avec Haendel. Le film brille par ses décors soignés (et d’ailleurs primés) mais souffre d’une certaine froideur et peut-être de la comparaison avec « Amadeus » de Milos Forman, ce qui lui vaut des critiques contrastées. La vie de Farinelli témoigne quant à elle d’une véritable culture européenne, par ses succès dans toutes les cours du continent, de Naples à Londres, de Versailles à Madrid où il termine sa brillante carrière au service exclusif des souverains d’Espagne.

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=GIPQtelKN28

Les pépites de l’orpailleur :

« Forbidden zone »  Réalisé en 1980 par Richard Elfman ( spécialiste de l’horreur  « L’épouvantail », « Réducteur de têtes »), « Forbidden zone » fait figure d’ovni dans un style loufoque et bricolé. Si pour certains ce film est cultissime, pour d’autres il serait à classer dans un bric à brac amateur sans intérêt s’il n’était sauvé par une bande son exceptionnelle, œuvre du groupe  « Mustic knights of oingo boingo » où officie le frère du réalisateur, Danny Elfman. Le film nous entraîne dans les sous-sols d’une maison habitée par la famille Hercule, sous-sols qui permettent de passer dans une 6ème dimension (vraiment)loufoque et (vraiment) truculente (pour ne pas dire lubrique limite scato). On pense à Alice au pays des merveilles mais avec une Alice pas très sage au langage un peu cru, aux Monthy Python, aux Marx Brothers, aux vieux cartoons et à leurs danses macabres. Un film déjanté, barré, perché mais alors très haut, qui bouge grâce à la musique, patchwork de rumba, jazz, be-bop, swing, scat…. Le film a fait l’objet d’une sortie DVD en 2004. Il est aussi accessible sur You Tube :  https://www.youtube.com/watch?v=xn3C6URr_EY&t=1610s

« Anna » De Pierre Koralnick. 1967. 1h27. Ambiance 1967, le Général est toujours là, la France s’ennuie un peu en attendant le printemps de l’année suivante. En tendant l’oreille on entend quelques bruits bizarres en provenance de l’autre côté de la Manche. Un scénario un peu maigre, un patron de publicité accroche par hasard lors d’une prise de vue le visage d’une jeune fille dont il tombe amoureux. Il part à sa recherche dans les rues de Paris, au bus palladium, à Deauville…..L’occasion d’une comédie musicale où l’on découvre les chorégraphies audacieuses de Victor Upshow, les chansons de Gainsbourg orchestrées par Michel Colombier (qui travaille alors sur la « Messe pour le temps présent » avec Pierre Henry), une prise de vue novatrice. On y croise Eddy Mitchell venu en voisin, Marianne Faithfull pour faire plus british, le swinging London n’est pas loin. Et puis, à côté de Jean Claude Brialy, il y a Anna Karénine toute auréolée de son travail avec Godard, véritable égérie de la Nouvelle Vague, bref tout est dit…. Le film est au programme de la 1ere chaîne française de télévision (à l’époque il y en a 2!!!) en janvier 1967. Plombé par les critiques le film ne sortira pas en salle mais connaîtra une carrière exceptionnelle…. au Japon.

Couvée par Serge Gainsbourg, Anna Karina y délivre sa version de « Sous le soleil exactement », alors que Marianne Faithfull chante « Hier ou demain ». Le film existe en DVD accompagné d’un CD de la bande son. Il a été restauré par l’INA qui le propose dans son catalogue en téléchargement.

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=QwWk0ZwTA2E

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