Brèves Cinezic N°7

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Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 7. Décembre 2019.

1 – Chez nos amis du Lux.

La scène du Lux nous éblouit avec sa programmation  « Viva cinéma » consacré aux films du patrimoine restauré, du 22 janvier au 28 janvier.

Quelques dates à ne pas manquer pour les amateurs du film musical et pour Cinézic.

Le cinéma fait la part belle à l’œuvre de Buster Keaton, géant du cinéma.

Dès le 22 janvier à 20 h, ciné concert avec Buster, d’après «La croisière du navigateur » accompagné par Mathieu Bauer à la batterie, Sylvain Cartigny et Lawrence Williams. Textes de Stéphane Goudet. Mathieu Bauer, metteur en scène et musicien, nous propose une lecture originale de l’œuvre du grand Keaton.

Le 25 janvier à 16 h, Franck Loiret, de la cinémathèque de Toulouse présente le ciné concert « Sportif par amour » de Buster Keaton accompagné par le pianiste Mathieu Regnault.

Le 23 janvier à 20h ciné concert avec « Loulou » le chef d’œuvre de Georg Wilhelm Pabst (2h14 – 1929), interprété par Louise Brooks accompagnée par le trio Airelle Besson (Airelle Besson : trompette, Benjamin Moussay : piano, Lyonel Diaz : saxophone).

Le 25 janvier à 18 h, un voyage en Italie du Nord,  ensemble de cinq courts métrages tournés en Italie du Nord en 1922, accompagné par le duo Red et Buster ( Johann Percival et Nicolas Setton, guitares et basses électriques). Durée 45 mn. Suivi de «  La Galerie des monstres » de Jaque Catelein (1924) sur le piano de Nathanaël Bergèse.

Enfin le dimanche 25 janvier un ciné brunch musical : Hommage à Georges Méliès à savourer avec les enfants sur un accompagnement de la classe musique à l’image du conservatoire de Valence Romans, dirigée par Nathanaël Bergèse.

Extraits du programme de « Viva Cinéma » du Lux Valence entre autres films à découvrir ou redécouvrir en version restaurée. Des acteurs du cinéma et du ciné concert à rencontrer, des ressources à découvrir. Programme détaillé sur :

https://www.lux-valence.com/calendrier/viva-cinema-2/

2 – Retour sur la quatrième édition de Cinézic.

Bungalow sessions de Nicolas Drolc

Ce dimanche 27 octobre, devant une assistance réduite dans le magnifique bâtiment du prieuré Saint Félix, Nicolas Drolc nous a présenté son film « Bungalow sessions » ainsi que le musicien Andy Dale, présent sur le film. Souvenirs….

« J’ai rencontré Andy Dale Petty à Huntsville, en Alabama. Dans une de ses poches il conservait soigneusement une carte du réseau ferroviaire de l’Alabama. Il m’a raconté à quel point il aimait voyager dans des trains de marchandises, à la manière des hobos des années 30. Il m’a appris comment courir le long d’un train en marche, comment sauter dans un wagon, en surveillant bien les rayons des roues car ceux-ci peuvent à tout moment vous découper un membre et même la tête. Plus tard, ce jour-là, Andy s’est assoupi sur le bois d’un porche humide. Le lendemain, il nous a réveillé au son de sa guitare. Ce sont des types de la trempe d’Andy qui font de l’Amérique ce cauchemar joyeux qu’elle est encore de nos jours […]

Si par hasard un jour vous croisez Andy le long du chemin de fer, offrez-lui une boite de haricots rouges. Et aussi un hot dog. Il l’aura bien mérité ». Buddah Kahn

Nous n’avions ni haricots rouges, ni hot dog, mais saucisses, jambonnette et jambon du cru, du bon vin et de l’eau de vie pour une belle soirée. Chabrot Andy !

Andy Dale Petty en direct au prieuré Saint Félix

3 – Les perles de la comédie musicale.

« Brigadoon » de Vincente Minelli. 1954.

Brigadoon est une comédie musicale créée à Broadway par Alan Lerner et Frederik Loewe en 1947 et adaptée ensuite, comme souvent dans le genre, au cinéma par Vincente Minelli avec Gene Kelly et Cyd Charisse dans les rôles principaux.

Deux chasseurs découvrent par hasard un village hors du temps qui ne vit qu’un jour par siècle au rythme de la vie quotidienne du 18ème siècle. Tommy, interprété par Gene Kelly, ne manque pas de tomber amoureux de la belle Fiona dans un décor de papier peint et de carton-pâte qui ne manque pas de donner au film son côté conte de fées. Mais voilà pour Fiona quitter Brigadoon c’est condamner le village à tout jamais. Tommy partira pour s’apercevoir qu’il ne peut vivre sans sa belle qu’il ira retrouver définitivement. Tout y est en plus de l’histoire, du happy end et des décors ; chansons, chorégraphies, claquettes. Ce film, plutôt boudé par le public, est devenu pour certains un mythe, considéré comme un des sommets (un peu kitsch) de la comédie musicale. Il en balise aussi son déclin avant le renouveau marqué par « West Side Story » au début de la décennie suivante puis « Hair » de Milos Forman  et « Les blues brothers ».

Merci à Chantal et Laurent de nous avoir fait redécouvrir cette pépite.

En savoir plus : http://www.dvdclassik.com/critique/brigadoon-minnelli

un extrait : Gene Kelly sous les yeux du très sceptique Jeff Douglas interprété par Van Johnson (ah la déclaration d’amour adressé au cochon!!!) : https://www.youtube.com/watch?v=1qYCDEsersw

Un autre pour la grâce de Fiona alias Cyd Charisse : https://www.youtube.com/watch?v=xNKtQjOtous

4 – Patrimoine :

« L’audition » de Milos Forman. Le cinéma patrimoine remet en avant les premiers films de Milos Forman, tournés en Tchécoslovaquie avant 1968. Le cinéaste, à qui l’on doit « Taking off » (1971), portrait au vitriol de la classe moyenne américaine, « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975), « Hair » (1979), « Ragtime » (1981), « Amadeus » (1985), a réalisé trois films avant son exil de Tchécoslovaquie. Ce sont ces films qui ressortent aujourd’hui en version restaurée sur nos écrans (dont le Vivarais à Privas).

« L’audition » sort en 1964. Tourné avec un matériel rudimentaire, le film se décompose en deux moyens métrages réunis pour atteindre le format long métrage nécessaire pour une exploitation en salle. Dans « Ah, s’il n’y avait pas ces guinguettes » on suit les répétitions de deux fanfares préparant le grand concours officiel des fanfares. Le jeune Vlado, tromboniste dans l’une des deux et Blumental, trompettiste dans l’autre, cherchent à se libérer pour aller assister à une course de motos. Virés de leur orchestre, ils finissent par échanger leurs places.

Dans « L’audition » Milos Forman film une audition de jeunes chanteuses qui cherchent à intégrer un célèbre théâtre à la mode. Une jeune pédicure sèche le travail pour accomplir sa prestation, la chanteuse Véra perd tous ses moyens devant le micro…. Avec humour, compassion et parfois cruauté, le film en dit long sur les espoirs, illusions, déceptions de ces jeunes filles et sur la société tchèque de l’époque.

Milos Forman à propos du film :

  • « Nous entreprîmes le tournage d’une sorte de documentaire muet sur un cabaret voué à la musique pop et qui venait de s’ouvrir à Prague, où il était vite devenu le dernier endroit à la mode. Il s’appelait le Semafor, et ses deux protagonistes, Jiri Suchy et Jiri Slitr, étaient des amis de longue date. Comme ils nous permettaient de circuler librement dans l’établissement, nous filmions, jour après jour, tout ce qu’il se passait. Ce que j’y vis de plus étonnant fut une audition organisée pour recruter des chanteuses. J’étais sidéré par l’effet qu’un simple micro pouvait produire sur ces filles. Ce gros pied métallique agissait sur elles comme une baguette magique capable de leur donner la voix et la beauté qui leur faisaient défaut. Le dernier des petits laiderons à peine sorti de l’adolescence se transformait en une vamp effrontée, celle qui chantait faux se mettait à glapir à pleine voix, celle que paralysait la plus maladive des timidités abandonnait toute retenue pour se livrer sans défense à la curiosité d’un public impitoyable. Cela en devenait, par moments, pénible à regarder. Les jeunes femmes qui s’exhibaient ainsi, poussées par une ambition frénétique, nous révélaient les traits les plus intimes de leur personnalité, et ce qu’on apercevait était parfois si malsain, si narcissique, qu’on était tenté de détourner les yeux. Je décidai de filmer une séance d’auditions sans jamais détourner les yeux. Mon documentaire offrirait un regard sans concession sur ce cruel phénomène, et je le présenterais pour ce qu’il était. »
  • À propos de l’attribution du rôle à Věra Křesadlová (future deuxième épouse de Milos Forman) : « Trois filles montèrent sur scène, annoncèrent une chanson intraduisible en tchèque et se lancèrent dans une interprétation endiablée de The Loco-Motion. Je ne pouvais pas détacher mes yeux de la grande fille brune, une beauté aux lèvres boudeuses, qui semblait être leader du groupe. Je me lançai à sa recherche et lui proposai, au téléphone, de faire un essai pour le film, mais elle me dit qu’elle voulait d’abord en discuter. Rendez‑vous fut pris dans un café. Elle était ravissante, mais tout juste âgée de dix‑huit ans, et n’avait peur de rien. Ma proposition ne l’enthousiasmait pas, mais elle ne demandait qu’à se laisser convaincre. Elle finit par dire que oui, elle le ferait, à une condition : qu’elle ne soit pas seule à figurer dans le film, mais accompagnée des deux autres filles de son groupe. Věra joua dans le film et, grâce à notre simulacre d’audition, décrocha un solide contrat au Semafor, où elle se produisit pendant de longues années. Elle finit aussi, peu à peu, par répondre à mes avances, devint ma petite amie et, plus tard, vint vivre avec moi dans mon appartement. »

Si « L’audition » peut être aisément qualifié de film musical, le film « Les amours d’une blonde » qui n’a rien de musical, n’en est pas moins un chef d’œuvre constitué de scènes d’anthologie : scène du bal où trois militaires vieillissants tentent de draguer trois jeunes filles ou encore dispute familiale à trois dans un lit partagé par le père, la mère et le fils. Monument d’humour, « Les amours d’une blonde » livre un regard poignant sur les illusions et les déceptions de la jeune Andula jouée par Ana Brejchova, première femme de Milos Forman.

Dénoncé par le pouvoir soviétique comme le symbole de la dégénérescence occidentale, Milos Forman quitte la Tchécoslovaquie au moment du Printemps de Prague.

4 – Le petit clin d’œil de Cinézic:

il y a des scènes qui rendent un hommage appuyé à la musique, et des chansons qui collent à merveille à une ambiance cinématographique. L’intro d’ »Apocalypse now » sur « The end » interprété par Jim Morrison, disparu dix ans avant la sortie du film, l’illustre parfaitement.

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