Brèves N°8

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Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 8. Mars 2020.

« Fame 2020 » # 6.

Nos cousins de Paris viennent de terminer leur 6ème édition alors que nous nous plongeons dans l’organisation de la 5ème édition de Cinézic, l’occasion de jeter un œil à leur programmation. Cette 6ème édition de Fame présente un bel éclectisme entre l’underground et les minorités urbaines new-yorkaises (« Paris is burnin »), les musiques électroniques, bien servies, mais aussi les classiques (« Peau d’âne » de Jacques Demy et sa distribution stratosphérique, sans oublier les petits avec un ensemble de dessins animés tchèques autour du Criquet par le père de la petite taupe. (ma petite fille Cléo bat des mains et crie « oh oui, oh oui!). Quelques trouvailles qui pourraient nous aller comme un gant avec « My Friend Fela », documentaire de 1h30 sur le roi du funk nigérien, « A dog called money » consacré la chanteuse P.J. Harvey, ou encore Cosmic trip, commande d’Arte à Gaétan Chataigner et Christophe Conte que nous verrions avec plaisir lors d’une prochaine édition de Cinézic.

Pour en savoir plus : https://gaite-lyrique.net/festival/fame-2020

Sur les écrans :

« Système K » de Renaud Barret.

«  Système K » est un film sur les arts de rue à Kinshasa. Comme pour tous les films sur Kinshasa c’est la ville qui tient le premier rôle. On ne sort pas indemne de ce film que ne renierait pas notre ami Pierrot. Film peu musical ou alors sur une musique des origines, primitive, bricolée sur d’improbables matériaux de récupération, envolée à peine jouée. Le film illustre plutôt des formes d’arts plastique ou de spectacles d’art vivant. Recherche permanente dans ce qui seraient les rebuts de nos ressourceries et déchetteries. Les spectateurs : la foule mélangée et bariolée des rues de Kinshasa. Nous avons repensé parfois aux spectacles les plus déjantés de Royal de Luxe d’il y a 40 ans, à la carapace de l’homme qui faisait danser les eaux dans les rues de Florac ou aux hommes araignées courant sur les « toiles » tissés entre les maisons toujours à Florac ou encore à Mad max mais en moins policé. Film déstabilisant, dérangeant car on ne sait s’il ressuscite les bas-fonds des villes médiévales ou préfigure notre monde de demain. En tout cas un vrai laboratoire artistique. Mais attention, comme je le dis plus haut, on en sort pas indemne.

http://www.lux-valence.com/

Retour sur programmation : « Bungalow sessions » de Nicolas Drolc. Extrait.

Konrad Werk A.K.A Possessed by Paul James grandit en Floride rurale, dans une famille d’amish-mennonite. Dans cette ambiance, il développe un sens aigu de la justice sociale dés le plus jeune âge. Aujourd’hui installé dans une petite ville du Texas avec femme et enfants, il travaille comme instituteur auprès d’un public de gamins handicapés physiques et mentaux la semaine et comme musicien le week-end.« Les envoûtants concerts de Possessed by Paul James ne laissent personne indifférent. Le mélange de musique trad, d’émotions brutes et de tension électrique qui se répand partout dans la salle pendant ses concerts soulève les tripes et dégage l’énergie d’un caténaire accidenté dont les fils dénudés arroseraient l’environnement de fascinantes et dangereuses étincelles ».

« Passionne » de John Turturo. 2010. 90 mn. Italie. Un film hommage à la chanson napolitaine par John Turturo, acteur prolixe du cinéma américain. Il a tourné dans plus de soixante films sous la direction des frères Cohen (« O’brother », « The big Lebowski dans lequel il interprète un joueur de bowling) mais encore avec Robert Redford, Michael Cimino, Spike Lee, Woody Allen…. Et bien d’autres. Il se lance aussi dans la réalisation . Son dernier film « The jesus rolls » croise un remake des « Valseuses » et un retour sur son personnage dans « The big Lebowski ». Dans « Passione » réalisé en 2010, il met en scène avec brio la chanson populaire de Naples, région dont sa famille est originaire. La chanson napolitaine, chantée en napolitain, le plus souvent par des hommes seuls et à capella, directement dans les rues et les espaces urbains de la ville de Naples. Des « tarentelles » au rythme enlevé ou des « nenia », chansons de deuil, souvent reprises par des vedettes internationales (Luciano Pavarotti, Dalida, Tino Rossi et même Elvis Presley mais pas dans sa période rock’n’roll) pour produire des succès internationaux (si vous ne connaissez pas « O sole mio » faites-moi signe). Il nous faudra encore patienter pour découvrir ce film de JohnTurturo sorti il y a dix ans mais pas en France. La chanson napolitaine mise à l’écran dans la ville.

PS : si vous avez le contact avec John Turturo, dites-lui qu’il est invité à sortir son film en France et à l’apéro de Cinézic.

« Une nuit à Casablanca ». 1946. Film de Archie Mayo. 1H25.Avec les Marx Brothers.

L ’histoire des Marx brothers ne peut s’inventer. Le père, M. Marrix, tailleur issu de la communauté juive d’Alsace, émigre aux USA à la fin du 19ème, échoue dans les communautés ethniques d’outre atlantique, prend le nom Marx, épouse Miene (Minnie) Schoenberg, jeune juive originaire de Prusse, qui lui donnera 6 enfants dont un mourra très jeune. Dans un milieu pauvre, c’est le monde du spectacle qui donne à Minnie l’espoir d’une ascension sociale pour ses enfants. Elle veillera donc à la formation artistique de tous ses enfants : le piano pour Chico, la harpe pour Harpo, la guitare et le chant pour Groucho, le chant pour les autres. Si tous trouveront leur voie dans le milieu du spectacle, Zeppo n’apparaîtra que dans les 5 premiers films jouant le rôle d’un jeune premier « normal » au milieu des délires de ses frères. C’est d’abord dans le music- hall, en passant par Broadway que les Marx brothers créeront leurs premières œuvres . La naissance du cinéma parlant leur permettra de glisser de la scène à l’écran, popularisant leurs personnages burlesques et iconoclastes qui feront leur succès.

Dans « Une nuit à Casablanca », Chico nous délivre un morceau de piano d’anthologie dans lequel il exprime son style et ses talents, non sans adresser un clin d’œil à la danse des petits pains de Charlot dans « La ruée vers l’or ». Harpo lui répond par un morceau de harpe de nature à exprimer toute la virtuosité mais aussi toute la poésie de ce personnage muet dont les vêtements recèlent une montagne d’objets les plus divers. Répliques de Groucho, dialogues frénétiques de Chico et Harpo, « Une nuit à Casablanca, à l’image des films des Marx brothers, se savoure sur un rythme trépidant.

De quoi permettre à Cinézic de se déclarer marxiste, oui, mais tendance Groucho.

Chico au Piano : https://www.youtube.com/watch?v=3M415DZei0U

et Harpo à la harpe : https://www.youtube.com/watch?v=X4NtCy9MfYk

Un dialogue imagé : https://www.youtube.com/watch?v=j7NLT2FRO60&t=10s

Laterit production. Créée en 1988 par Marie-Clémence Andriamonta-Paes et Cesar Paes, « Laterit production » est une maison de production, de distribution et d’édition indépendante, installée à Paris. La maison de production s’est spécialisée dans les films sur la mémoire et la culture malgaches. Éditeur engagé, le couple Paes revisite l’Histoire, parfois douloureuse, de Madagascar. On pense aux tragiques événements de 1947 mais aussi au néocolonialisme et à la situation sociale des populations malgaches. L’originalité de cette production est le rôle joué par la musique comme fil conducteur des récits de ces documentaires et films de fiction.

« Mahaléo », réalisé en 2005 porte sur le groupe de musique du même nom, formé dans le contexte de la révolte de 1972. Depuis, le groupe, très populaire, a accompagné l’Histoire et l’évolution de Madagascar . Les 7 membres du groupe, médecins, chirurgiens, agriculteurs, sociologues ou députés, sont très engagés dans développement du pays.

Dans « L’opéra du bout du monde », les auteurs font le récit de la création d’un opéra réunionnais sur la conquête de la Réunion par les officiers de Louis XIV.

« Fahavalo » de Clémence Paes, réalisé en 2019, évoque la mémoire de l’insurrection de 1947.

Nous pourrions encore citer « Songs for Madagascar » (disponible dans la vidéothèque de Cinézic) http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19572017&cfilm=256579.html ou encore « Saudado do futur », Chronique très chantée du quotidien des nordestins brésiliens dans la ville de Sao Paulo (Ah ! Là nous ne sommes plus dans l’océan indien !).

Arrêtons-nous sur « Haingosoa » la dernière œuvre de Laterit production, sortie en mars 2020, film de Edouard Joubaud (1h12). Le film suit Haingo, jeune mère célibataire du Sud de Madagascar qui n’arrive plus à payer la scolarité de sa fille. Elle va tenter sa chance dans une troupe de danse à la capitale. Un synopsis qui rappelle celui de « Félicité », film d’Alain Gomis qui a pour cadre Kinshasa.

Un site très riche : Piano Web.

https://www.pianoweb.fr/

Site d’enseignement et d’infos pour les pianistes, le site est plein d’informations en tout genre sur le piano. Le cinéma trouve une place privilégiée que ce soit dans la rubrique  Pages spéciales vidéos  (In Media) avec des analyses sur Chico (le pianiste) et Harpo (le harpiste) des Marx brothers et leurs délirantes comédies musicales ou encore Serge Gainsbourg ou Bernstein. Dans la rubrique Piano et cinéma (https://www.pianoweb.fr/piano-cinema.php ), ce sont 45 films qui sont présentés dans des styles très variés : le rock de Jerry Lee Lewis dans « Great Balls of fire », la musique classique dans « Le silence avant Bach » ou encore « Tirez sur le pianiste » de François Truffaut (1960) avec Aznavour dans le rôle du pianiste, « La dame du 6 » ou encore « Attila Marcel » par l’auteur des « Triplettes de Belleville ».

Une rubrique propose même des extraits de concerts (Tigran Hamasyan à la Roque d’Antheron en 2011, Keith Jarret au Japon en 198…).

De quoi faire quelques belles découvertes.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19587342&cfilm=280247.html

La vidéothèque de Cinézic s’enrichit :

« Éclairage intime » Tchécoslovaquie. De Ivan Passer. 1965. 72 mn. Fiction

« Wild Rose » 2018. De Tom Hrper avec Jessie Buckley. Fiction

« 2000 jours sur terre » 2014. 1h37. De Iain Forsyth et Jane Pollard. AvecNick Cave. Documentaire

« Yesterday » 2019. 1h57. De Danny Boyle. Avec Himesh Patel et Lily James. Fiction

« Green Book » 2019. 2h10 mn. De Peter Farrelly. AvecViggo Mortensen, Mahershala Ali et Lionda Cardellini. Biopic de Don Shirley.

« Nashville » de Robert Altman. 1975. 2h39. Comédie musicale, Drame. Attention version anglaise.

« Valse pour Monica » de Per Fly. 2014. 1h51. Biopic, Drame.

« La dame du 6 » de Malcolm Clarke. 2014. 65mn. Documentaire 

« Au bout des doigts » de Ludovic Bernard. 2018. 1h46. Drame, Comédie.

« My fair lady » de George Cukor. 1964. 2h40. Comédie musicale, Drame, Romance.

« I feel good » de Stephan Walker. 2008. 1h48. Documentaire musical.

« Songs for Madagascar » de César Paes. 2017. 1h28. Documentaire.

Emprunts (réservés aux adhérents de Cinézic) auprès de Fifi.

« De battre mon cœur s’est arrêté » de Jacques Audiard. 2005.

« D’une seule voix » de Xavier de Lauzanne. 2009.

« Attila Marcel » de Sylvain Chomet. 2013.

« 4 mn » de Chris Kraus. 2006.

« The music of stranger ». 2016. de Morgan Neville (le réalisateur de « Twenty feet from stardom ») sur l’ensemble Yo-Yo Ma and the silk road ensemble.

« Une nuit à Casablanca » 1946. de Archie Mayo avec les Marx brothers.

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