Brèves N° 14

Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 14. Décembre 2020. Edito 

Retour sur une cinquième édition annulée pour cause de confinement. Dommage, nous  avions tenu bon jusqu’à la veille du lancement de Cinézic. Et cette année nous vous avions  concocté quelques belles surprises : la BD concert « Là où vont nos pères » produit par la  Curieuse de Chabeuil avec le talentueux contrebassiste Florent Hermet, le ciné concert du  samedi soir, occasion d’une rencontre entre l’icône Buster Keaton et l’étoile montante du  jazz français, le loriolais Jean Kapsa, une ouverture sur la Chine avec le dépaysant film « Vivre  et Chanter », la Nouvelles Orléans en fanfare coup de poing, la venue de Ana Dumitrescu  pour présenter son film « Trio », et encore la rencontre de deux associations locales :  Ardèche Afrique Solidaires fort de ses 20 ans d’expérience et Cinézic autour du road-movie  malgache et plein de charme « Haingosoa ». 

Des regrets, mais dépourvus d’amertume. D’abord nous nous sommes bien amusés à  préparer cette édition et c’est déjà ça. Le travail effectué nourrit déjà le rebond vers de  nouvelles aventures, de nouvelles idées, de nouveaux projets : dans nos têtes du cinéma en  plein air pour l’ouverture de Jazz en Vivarais, un évènement Malgache (avec Afrique Ardèche  solidaires), Une soirée Blues autour de Jean Claude Legros qui nous avait illuminé de ses  tableaux lors de l’édition 2018. Tout ça pour patienter d’ici la sixième édition de Cinézic à  l’automne 2021 si le ciel nous ménage un peu. 

Vive le cinéma ! Vive la culture vivante !

Chez nos amis 

Le cinéma Lux de Valence continue de défricher les terres cinématographiques inconnues  en accordant une place de plus en plus grande au ciné concert. Dans le cadre du festival Viva  Cinéma 5 évènements marient chefs d’œuvre du patrimoine cinématographique et  accompagnement musical en direct. 

Vendredi 29 janvier à 18 h : Pour Don Carlos de Jacques Lasseyne et Musidora. 1921, 1h30.  Une occasion de (re) découvrir Musidora devant et derrière la caméra, première Vamp du  cinéma français. Accompagné au piano par Karol Buffa. Plus de détails sur http://www.lux valence.com/calendrier/pour-don-carlos/ 

Dimanche 31 janvier à 11 h : 18 courts métrages de George Méliès accompagnés par les  élèves de la classe musique à l’image de l’agglomération Valence Romans, sous la direction  de Nathanaël Bergèse. Plus de détails sur http://www.lux-valence.com/calendrier/georges melies/ 

Samedi 30 janvier à 19 h : Suspense de Loïs Weber ( 1913 – 10 mn) et la cigarette de  Germaine Dulac ( 1919 – 56 mn) avec Maguelonne Vidal  

(saxophones) et Alain Grange (Violoncelle). Plus de détails  

sur http://www.lux-valence.com/calendrier/pionnieres-1- 

3/ 

Samedi 30 janvier à 17h30 : Sur la route des Alpes, 5 courts métrages de André Bayard  (1921) une commande du touring-club sur des sites alpins d’une autre époque. Accompagné  par Maxime Dangles (électro) 

Mercredi 27 janvier à 19h : Trois épisodes des Vampires (1915-1916) : la  tête coupée, la bague qui tue et le cryptogramme rouge, de Louis  Feuillade, à l’origine des séries, les aventures de Philippe Guérande où  l’on retrouve l’iconique Musidora. Plus de détails sur http://www.lux 

valence.com/calendrier/les-vampires-2/

Nouveautés 

Marianne et Léonard : film documentaire présenté au festival Sundance en janvier 2019 et  dont on attend toujours la sortie française. Réalisé par Nick Broomfield, 1h41. On ne  présente plus Léonard Cohen. Icône de la scène folk de la fin des années 60 et début des  années 70, il est un véritable identifiant pour nombre d’amateurs. C’est en 1960 que  Léonard Cohen rencontre sur l’ile de Hydra en Grèce Marianne Ihlen avec qui il tisse des  liens d’amitiés avant qu’elle ne devienne son amante, sa muse. Elle lui inspirera plusieurs  titres célèbres comme « So long Marianne » , « Hey that’s no way to say goodby » (tirés de  l’album « songs of Léonard Cohen » – 1967), ou encore « Bird onthe wire » (Album « Songs  from room » 1969) ou « Words of love ». Après la rupture amoureuse, les deux poursuivront  leur vie amoureuse sans jamais rompre véritablement les liens. En 2016, Marianne malade,  reçoit une lettre de son ex amant lui promettant de la rejoindre bientôt. Elle meurt en juillet  de la même année. Léonard Cohen la suit au mois de novembre suivant. 

C’est sur cette relation fertile, source d’inspiration pour le chanteur poète qu’explore le film  documentaire de Nick Broomfield qui s’était déjà illustrée sur un travail (controversé) sur la  fin de Kurt Cobain. Sortie française à venir. Bande annonce :  https://www.cinoche.com/films/marianne-et-leonard-mots-d-amour/bandes-annonces .  

A dog called money. Documentaire musical de Seamus Murphy. 1h30 ; Irlande-RU. Le film  retrace l’itinéraire créatif à l’œuvre chez la chanteuse PJ Harvey et qui aboutira à la sortie de  l’album « The hope six démolition project » en 2016. Polly Jean Harvey, née en 1969 au  Royaume Uni, s’illustre sur la scène rock indé dès le début des années 90 avec les albums  

« Dry » et « Rid of me ». Chanteuse, guitariste, saxophoniste, auteur  PJ Harvey accède à un succés international dès 1995 avec l’album  « To bring you my love ». Artiste originale et difficile à classer (on  pense à Pattie Smith) PJ Harvey touche au grunge, au gothique  comme au folk rock (album « Let england shake » construit à partir de  lettres de soldats de la Première Guerre mondiale). 

Dans a dog called money, Seamus Murphy et PJ Harvey partent en  voyage entre 2012 et

2014, l’un tirant  l’autre vers l’Afghanistan (Seamus est  

photographe de guerre et a travaillé sur ce pays), le Kosovo, ou  encore les quartiers déshérités en voie de gentrification de  Washington. PJ Harvey s’y essaye aux instruments des cultures  locales, en tire les textes de ses futures chansons. Puis en studio à  Londres, on suit le travail d’enregistrement de l’album  au cours de séances publiques. Richesse musicale, images  soignées permettent de pénétrer les différentes facettes du talent  de l’artiste. Sortie française à venir.

Bande annonce :  https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19590804&cfilm=270579.html 

Et pour ceux qui se plonger dans l’ambiance des concerts de la belle (Macho !!! NDLC) :  https://www.youtube.com/watch?v=jjl14sLjOTU 

Un cinéaste dans la musique : ce mois-ci, Franck Cassenti. Cinézic ne pouvait pas manquer  de croiser l’œuvre de Franck Cassenti tant celle-ci est émaillée de films sur la musique  réalisés par passion. Franck Cassenti est né à Rabat en 1945. Il se frotte très tôt au Jazz en  tant que contrebassiste puis découvre l’art de la caméra qui lui fera croiser les chemins de  Chris Marker, Joris Ivens, Marcelline Loridan. Il réalise son premier court métrage de fiction  en 1969 et son premier long métrage (avec Jacques Higelin, Pierre Clémenti) en 1972 (Salut  voleurs). Cinéaste engagé, c’est en 1973 que je le découvre avec « L’agression », court  métrage sur un meurtre raciste qui subira les affres de la censure. 

Dans les années 80 il oriente son travail sur la  

musique avec « Lettre à Michel Petrucciani »,  

« je suis Jazz c’est ma vie » (Archie Shepp),  

« Mystery Mister Ra » (Sun Ra), l’admirable  

« Retour en Afrique » puis travaille sur Billie  

Holiday (pour Arte – Billie for ever), Richard  

Galliano, la musique gwana (« Gwana music »  

en 2010).  

Lettre à Michel Petrucciani :  

Mystery Mister Ra : http://youtu.be/YQ4cNEf15CM 

Franck Cassenti a plus d’une corde à sa guitare : il s’illustre aussi dans la mise en scène de  théâtre, la direction du festival jazz de Porquerolles ou encore la pratique de la guitare de  Jazz. 

Sa dernière oeuvre, « Changer le monde » (2020 – 83 mn) porte sur le festival de  Porquerolles et conjugue la musique aux luttes qui ont agité le monde depuis 50 ans. On y  croise Martin Luther King, la lutte anti apartheid et quantités de musiciens dont nous  retiendrons Archi Shepp, Siegfried Kessler, André Minvielle, Aldo Romano bien d’autres….  Une belle découverte sur laquelle Cinézic pourrait bien se pencher…. L’occasion d’inviter  Franck Cassenti ??? 

Les brèves de Cinézic : lactualité du film musical. N° 13.  Septembre 2020.

Vintage.« La femme aux chimères » de Michael Curtiz. USA. 1950 (repris en 2004). 107mn. Avec Kirk Douglas, Lauren Bacall et Doris Day dans les rôles principaux. Le film, mal titré dans sa version française, est une adaptation du roman de Dorothy Baker (traduction française par Boris Vian), «Young man with a horn », lui-même inspiré de la vie du musicien Bix Beiderbeke (1903 – 1931). Rick Martin (Kirk Douglas), enfant abandonné se prend de passion pour la musique qu’il surprend dans une boite de Jazz. Pris sous l’aile d’un musicien de Jazz, il devient un virtuose de la trompette. Partagé entre l’amour pour deux femmes, la belle et douce Jo Jordan (Doris Day), et la machiavélique Amy North (Lauren Bacall), Rick maltraite une carrière brillante et sombre peu à peu dans l’alcool. Il meurt d’une pneumonie à l’âge de 28 ans. Le film prend quelques distances avec la réalité et participe à la construction du mythe Bix Berderbecke, artiste maudit. Mais l’œuvre rend à merveille la situation de ces artistes de Jazz partagés entre les orchestres de danse, ou de jazz philharmonique proches de la variété et les aspirations vers un jazz libéré qui fait la part belle à l’improvisation.

Malgré une carrière courte Bix Beiderbecke a marqué l’histoire de la trompette dans la lignée d’un Armstrong. Ces envolées improvisées et batties sur une seule note le caractérise et annonce le style « Cool » de l’après-guerre.

Bix Beiderbecke a fait aussi l’objet d’un biopic italien de Pupi Avati (1991), d’une biographie en français parue en 2004 chez Outre mesure, de Jean Pierre Lion et d’un téléfilm de Jean Christophe Averty «  To bix or not to bix ».

Un interview très intéressant de Christian Viviani sur « la femme aux chimères : https://www.youtube.com/watch?v=JU0a6EMpOLU

Un extrait très musical de « Bix » de Pupi Avati  (intégralité du film sur You tube et en version française) :

Un extrait du téléfilm de Jean Christophe Averty dans son style bien à lui : https://www.youtube.com/watch?v=dh3o1E4ZwGU

La bande annonce de « Young man with a horn » (version anglaise) : https://www.youtube.com/watch?v=huUexJo0oVQ

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=6imOyPnHnfY&list=PLKJ4fbkY2xR45OwLhaZ5uREZTfKS8p8vt&index=3

Une belle analyse sur le site de DVD classic :

http://www.dvdclassik.com/critique/la-femme-aux-chimeres-curtiz

Enfin des sorties !

Nouveauté :  « Africa Mia ». Sortie prévu en septembre 2020. Film documentaire de Richard Minier et Edouard Salie. 1H18.

1960 : Le mali devient indépendant sous la direction de Modibo Keïta. Comme beaucoup de jeunes républiques, le Mali se rapproche du camp soviétique dans le cadre de la Guerre froide. En 1964 un groupe de jeunes musiciens maliens se voit offrir l’opportunité de partir en formation à Cuba. Objectif : créer une musique originale, ouverte, moderne mais authentiquement malienne pour accompagner la naissance du nouvel état. Ces jeunes vont connaître leur heure de gloire en brassant les musiques malienne et cubaine au sein de l’ensemble « Les maravilhas de Mali » : C’est l’époque de « Rendez-vous chez Fatimata » qui fait danser toute l’Afrique de l’ouest, pendant du célèbre indépendace Chacha du congolais Joseph Kasabele dit Grand Kalle. En 1968, les maravilhas du Mali sont la vitrine de la coopération afro cubaine au festival panafricain de la Havane, censé célébrer l’amitié entre Cuba et les peuples d’Afrique. Mais voilà, pendant ce temps au Mali le lieutenant Moussa Traoré renverse Modibo Keïta et s’empare du pouvoir. A l’instar d’un Boubakar Traoré, figure de la musique malienne, qui disparaît des ondes de la radio après avoir accompagné tous les matins le réveil de la population (une histoire relatée par le film « Je chanterai pour toi » de Jacques Sarrazin), « les Maravilhas du Mali disparaissent de la scène musicale.

Richard Minier, fasciné par cette aventure part à la recherche des musiciens, de leur histoire, dans l’espoir de reformer le groupe. On pense à « El Gusto » de la réalisatrice Safinez Bousbia, que nous avions programmé avec bonheur en 2017.  « Africa Mia »  ressuscite avec bonheur une page oubliée de la musique africaine.

En 2019, Universal classique rend justice à ces musiciens en rééditant un CD de leurs titres : Africa Mia des Maravilhas de Mali.

La bande annonce : http://youtu.be/Gmxv9-L3Uvo

« Rendez-vous chez Fatimata » : https://www.youtube.com/watch?v=SEMNC-kzwQU

Nouveauté : « Billie ». De James Erskine. Sortie prévue fin septembre au festival du film américain de Deauville. 1H32. Royaume Uni. Documentaire musical.

Le film est consacré à la très grande Billie Holiday dont je renonce ici à résumer l’incroyable (et par bien des aspects, dramatique) vie. Le film vient mettre en forme la formidable masse de documents, de témoignages extraordinaires, réunie par la journaliste Linda Lipnack Kuehl dans les années 60 en vue de la construction d’une biographie de l’immense chanteuse, travail interrompu par le décès de l’auteur.

Il nous suffira ici de savoir que Eleanora Harris Fagan, dite Billie Holiday, surnommée Lady Day par Lester Young est née en 1915. Qu’elle a connu l’absence du père, la misère et la prostitution de la mère, le viol et les violences des maisons de « redressement ». A 13 ans elle retrouve sa mère à New York et connaît à son tour la prostitution et la prison, mais aussi s’essaye au chant dans les clubs où elle vit de pourboires tout en se taillant une certaine popularité. Sa rencontre avec John Hammond (le même qui a lancé Bob Dylan et Bruce Springsteen entre autres) lui ouvre les portes de la Columbia. Dès lors elle enchaîne succès et collaborations avec les plus grands noms du Jazz.

Chanteuse engagée pour la cause des afro-américains, elle interprète la chanson « Strange Fruit » (même si elle n’est pas la créatrice du morceau) de Abel Meeropool et en fait une référence mondiale. La suite est une longue lutte entre succès et addictions, exploitation par des hommes peu scrupuleux, santé chancelante. C’est à cette vie hors du commun, celle d’une des plus grandes chanteuses du 20ème siècle décédée en 1959, que s’attache le film de James Erskine.

Bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19588940&cfilm=281448.html

Cinézic 5ème édition. Lancement le samedi 31 octobre à 16 h avec « Là où vont nos pères »,  BD Concert sur des images de Shaun Tan monté par François Asselineau et une musique de Florent Hermet (Contrebasse).. Tout public. Dés 8ans.

Espace culturel Louis Nodon.

Shaun Tan est né en 1974 en Australie. D’origine asiatique installée sur une terre d’immigration, à Perth qu’il ne quitte pas, coincé entre désert et Océan, Shaun Tan cultive un intérêt pour le déplacement et la découverte. Primé de nombreuses fois tant pour ses travaux d’écrivain jeunesse que pour ses dessins (BD, illustrateur) et ses travaux d’animation (« La chose perdue »), Shaun Tan reçoit le grand prix de la BD à Angoulême en 2008 pour son œuvre « Là où vont nos pères ».  Le format, muet, privilégie le rapport intime entre le lecteur et le dessin, dans une œuvre qui privilégie la magie de imagination.

Florent Hermet, que l’on connaît entrez autre pour sa participation au groupe « Nomad ? » et qui participe à l’excitant trio « Douar trio », ou encore dans la fanfare « Doc mad »  nous propose un extraordinaire dialogue entre sa musique et la poésie des dessins de Shaun Tan. A ne pas manquer !

Le Teaser : https://vimeo.com/261279956

Chez nos voisins et amis.

Apéritif concert le 18 Août à 18 au Trouillet (Alboussière)avec le trio Joel Forrester (Joel Forrester : piano ; Yvan Oukrid : batterie ; François Gallix : contrebasse)

Libre participation – minimum dix euros.

Le retour de Joel Forrester au Trouillet, là où nous l’avons rencontré il y a deux ans.

https://www.youtube.com/watch?v=38Ail9B-dC8 Finalement le concert a été annulé mais pour le plaisir nous vous laissons le lien internet

Brève N°12

www.facebook.com/Cinezic

cinezic07@laposte.net

Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 12. Juin 2020.

Au fil des bobines : Rock et cinéma.

« Eat that question – Frank Zappa  in his own words » est un documentaire d’1h36’ du réalisateur allemand Thorsten Schütte, sorti et présenté au Sundance Film Festival en 2016. Il est disponible en DVD en vente sur Blaq out. Il est très ardu de rentrer dans l’œuvre immense de ce génie créateur. Il est souvent relégué à ses potacheries provocatrices ou bien à la complexité de sa musique contemporaine par les commentateurs médiocres. En réalité FZ est un grand artiste, libre, insoumis, à la parole acerbe, contestataire mais anticommuniste et anti drogues. Il n’a eu de cesse de se battre contre les politiciens américains, la censure et les leaders évangélistes ; son décès prématuré en 1993 alors qu’il avait 53 ans l’ont empêché de se présenter aux élections présidentielles. Régulièrement boycotté par les média et l’industrie du disque, sa force de travail et son génie créateur lui ont permis d’enregistrer des milliers de kms de bandes et plus d’une soixantaine de disques. Il s’est aussi produit avec d’innombrables formations aux 4 coins de la planète notamment en Europe de l’Est où il est considéré comme un héros ; n’a-t-il pas été nommé ministre par Vaclav Havel lui-même aux lendemains de la libération de la Tchécoslovaquie ?! Ses influences musicales ont été dès l’âge de 12 ans celles de Varèse, puis du doo wap, du rythm and blues, du rock and roll, du jazz .. Alors comment s’initier à cette œuvre protéiforme, par quel bout commencer ? Ce documentaire peut être une porte d’entrée car sa grande force est de donner la parole à FZ lui-même. Le film est un montage d’images d’archives et de performances de l’artiste qui entrecoupent des interviews. Ce procédé nous donne à voir Zappa sous un tout autre jour tout en conservant une part de fascination, de mystère et d’émotion ce qui peut enthousiasmer les non-initiés. Se laisser aller à observer le personnage au travail en concert répondre sans bien-pensance aux questions des journalistes s’en prendre au président américain devant le Congrès américain sur la question de la censure, procure un intense plaisir.

Quelques liens utiles :

https://www.youtube.com/watch?v=E1g4zuA0SKI la bande annonce

https://youtu.be/jymHINLcjlw le morceau Eat that question

https://www.vice.com/fr/article/wdjqy5/frank-zappa-documentaire-eat-that-question un article de presse.

Quelques conseils d’écoute :

The grand Wazoo (avec le morceau Eat that question)

The best band you never heard in your life

Zappa in New York

One size fits all

Sheik Yerbouti

Un bouquin :

Frank Zappa par Guy Darol éditions Folio.

Zabriskie point. 1970. Michelangelo Antonioni (1912-2007). Quand Antonioni se lance dans ce projet de film américain, il a déjà une belle carrière derrière lui marquée par de nombreux prix glanés dans les festivals européens (Cannes, Venise, Berlin) ; « L’aventura » en 1960 suivi de « La nuit », « L’éclipse » et « Le désert rouge » puis en 1966 « le thriller » Blow up » dont la bande originale est signée par le Jazz man Herbie Hancock. Le réalisateur veut mettre en scène la société américaine en pleine ébullition en cette fin des sixties : la lutte pour l’égalité des noirs, l’opposition à la guerre du Vietnam, la crique de la société de consommation ou encore la revendication d’une libération des mœurs. Avec Nixon à la Maison blanche, la répression s’est durcie, les mouvements contestataires se sont radicalisés. Dans ce contexte la droite américaine accueille mal le film du réalisateur italien dont le tournage sera émaillé d’incidents. Nous sommes en Californie, dans un campus traversé par les luttes., Mark jeune étudiant se retrouve au mauvais endroit, témoin de l’assassinat d’un jeune noir par la police puis du meurtre d’un policier, dont il ne manquera pas d’être accusé. Il prend la fuite, vole un avion et décolle sur fond de « Dark star » du Grateful Dead. Il rencontre Daria, jeune idéaliste employée par une firme publicitaire. Dans le désert, près du Zabriskie Point, dans un paysage lunaire ils se découvrent et font l’amour au milieu d’autres couples imaginaires. Mark veut rendre l’avion mais est abattu par la police. Daria apprend sa mort sur la radio. Elle se rend chez son patron, repart et rêve l’explosion de la villa, longue scène où les objets symboles de la consommation explosent sur « Come in number 51, your time is up » reprise de « Attax at your axe, Eugène » du Pink Floyd. Critiqué par la droite, le film n’est pas mieux accueilli par la gauche qui lui reproche ses clichés, et un jeu d’acteur approximatif (les deux acteurs vedettes sont totalement amateurs). Mark Frehelle (1947-1975) a été recruté dans la rue lors d’un affrontement avec la police. Il mourra peu de temps après en prison après un hold-up, dans des conditions non déterminées. Pour la bande son, Antonioni s’est d’abord tourné vers les Doors de Jim Morrisson mais le résultat n’a pas convaincu. Il utilise alors les groupes en vogue de l’époque : Pink Floyd pour la scène finale, Le Grateful Dead, une improvisation de Jerry Garcia sur la scène d’amour dans le désert (« Love scène », très beau morceau). On y entend aussi les Rolling Stones, The young bloods ou encore « Dance on the death » de John Fahey, figure de l’école de guitare Tacoma, lorsque Daria apprend la mort de Mark. Une bande originale que l’on s’arrache aujourd’hui à prix d’or. Le film n’a pas si mal vieilli que ça. La société américaine y est montrée à travers une architecture écrasante, une publicité omniprésente, une violence impitoyable. Les aspirations à la libération, magnifiées par la musique sont souvent éphémères, ancrées dans le rêve et vouées à l’échec. C’était peut-être trop dérangeant pour beaucoup de monde dans l’Amérique de la fin des sixties.

La scène finale : https://www.youtube.com/watch?v=guOmJM8xvHA&t=19s

La bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562442&cfilm=1419.html

On the roof : Vraiment « brèves de Cinézic » ne recule devant aucun sacrifice pour vous contenter. Aujourd’hui nous n’hésiterons pas , après une longue investigation, à lever le voile sur une des vérités les plus cachées de l’Histoire du rock, à savoir, « mais qui donc est monté sur le toit en premier ? ». Nous profitons donc de la prochaine sortie du film de Peter Jackson, « The Beatles : get back » revenant sur l’enregistrement du dernier disque des Fab four, « Let it be ». Reprenant des images tournées sur le vif en 1969 par Michael Lindsay-Hogg, images qui donneront lieu à la sortie du film « Let it be » en 1970, Peter Jackson, bien trop jeune pour avoir connu l’époque de Let it be (il est né en 1960), réalisateur de la trilogie du « Seigneur des anneaux » et de ses suites, et de nombreux film fantastiques et autres épouvantes, profite donc du cinquantième anniversaire du dernier album des Beatles pour se lancer dans ce documentaire musical. L’année 1969, et l’album « Let it be » constitue le chant du cygne du groupe iconique des sixties. L’ambiance est au plus mal, les relations sont chaotiques entre les artistes. Commencées dans les studios de cinéma de Twickenham dans des conditions épouvantables, le groupe se replie dans les studios d’Abbey Road. L’idée d’une prestation live est dans l’air, mais où ? En complet désaccord les 4 Beatles finissent par tomber d’accord sur une prestation sur le toit qui aura lieu le 30 janvier 1969. Le concert d’une durée de 42 minutes donnera lieu à quelques prises de morceaux qui se retrouveront sur le disque. En raison du mouvement de foule provoqué par la prestation des Beatles, la police intervient et met un terme au concert. Si le film de Lindsay-Hoog met en scène les tensions au sein du groupe annonciatrices de l’éclatement final, Peter Jackson donne une toute autre image du groupe beaucoup plus conviviale et joviale. Ce concert improvisé (improvisé, improvisé, faut pas pousser, les caméras ne sont pas tombées du ciel NDLC), ainsi que l’album « Let it be » seront les derniers du groupe.

Alors, un concert sur le toit, une première ? Pas vraiment. A la même époque, aux USA, Jean Luc Godard tourne avec le Jefferson Airplane, groupe phare des années psychédéliques et de la Californie. Mais c’est à New York, en plein Times square que le groupe décide de lancer son nouvel album, le très beau « Crown of création » en jouant….. sur le toit d’un hôtel. Concert clandestin sous les yeux et la caméra de Godard, provoquant la stupéfaction indignée ou transporté des passants et clients de l’hôtel voisin. Le groupe se signale par les vocaux de son trio de choc, la belle (macho ! NDLC) Grace Slick, le talentueux Marty Balin et le militant Paul Kantner et ses musiciens d’exception, Jack Casady et sa tête de batracien à la basse (et moi je dis que c’est le meilleur bassiste de l’histoire du rock NDLC), et Jorma Kaukonen, véritable loup des steppes à la guitare, pour un fantastique « The house at pooneil corners ». La prestation se termine rapidement par une intervention musclée de la police. Nous sommes le 19 novembre 1968, soit 2 mois et demi avant le concert des Beatles.

Il paraît que des heures de tournage dorment dans des boîtiers et n’ont jamais été montées. Alors, comme Jean Luc Godard est un lecteur assidu des « brèves de Cinézic », toute l’équipe lui demande expressément de finir le travail que nous nous engageons à programmer à Cinézic, avec une invitation à la clé pour déguster le pâté de sanglier.

Jefferson Airplane on the roof filmé par Jean Luc Godard. https://www.youtube.com/watch?v=XYr5D4lqC0w

Vie de l’association.

Janvier 2020, Cinézic attaque la nouvelle année avec énergie entre les réunions de la commission programmation et un « séminaire » début Mars à Flaviac en vue de faire le point sur nos pratiques et activités. Des travaux suspendus par la situation sanitaire que nous connaissons mais pas interrompus. Les visio conférences ont pris le relais, non sans mal pour certains de nos membres. Mai Juin, les réunions ont repris en enchaînant les décisions : maintien du festival tant que la situation ne nous contraindra pas à annuler, choix de la programmation, lancement d’un site,

Nous pouvons déjà vous promettre quelques belles nouveautés (Trio ne sort qu’en Septembre), un tour du monde qui nous conduira de la Chine à Cuba en passant par Madagascar et la Nouvelle Orléans, un ciné concert excitant avec la rencontre entre Jean Kapsa, l’étoile qui monte, et Buster Keaton dans une séance qui ravira petits et grands et en ouverture on tente une BD Concert avec le contrebassiste Florent Hermet (Nomad?) sur les planches extraordinaires de « Là où vont nos pères » de Shaun Tan (Primé à Angoulême). Plein de raisons pour nous retrouver avec bonheur en espérant que les virus nous fichent la paix les 31 (ou 30) Octobre et 6, 7 et 8 novembre 2020. Plein de raisons aussi pour renouveler votre adhésion si ce n’est déjà fait.

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