Brèves N° 14

Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 14. Décembre 2020. Edito 

Retour sur une cinquième édition annulée pour cause de confinement. Dommage, nous  avions tenu bon jusqu’à la veille du lancement de Cinézic. Et cette année nous vous avions  concocté quelques belles surprises : la BD concert « Là où vont nos pères » produit par la  Curieuse de Chabeuil avec le talentueux contrebassiste Florent Hermet, le ciné concert du  samedi soir, occasion d’une rencontre entre l’icône Buster Keaton et l’étoile montante du  jazz français, le loriolais Jean Kapsa, une ouverture sur la Chine avec le dépaysant film « Vivre  et Chanter », la Nouvelles Orléans en fanfare coup de poing, la venue de Ana Dumitrescu  pour présenter son film « Trio », et encore la rencontre de deux associations locales :  Ardèche Afrique Solidaires fort de ses 20 ans d’expérience et Cinézic autour du road-movie  malgache et plein de charme « Haingosoa ». 

Des regrets, mais dépourvus d’amertume. D’abord nous nous sommes bien amusés à  préparer cette édition et c’est déjà ça. Le travail effectué nourrit déjà le rebond vers de  nouvelles aventures, de nouvelles idées, de nouveaux projets : dans nos têtes du cinéma en  plein air pour l’ouverture de Jazz en Vivarais, un évènement Malgache (avec Afrique Ardèche  solidaires), Une soirée Blues autour de Jean Claude Legros qui nous avait illuminé de ses  tableaux lors de l’édition 2018. Tout ça pour patienter d’ici la sixième édition de Cinézic à  l’automne 2021 si le ciel nous ménage un peu. 

Vive le cinéma ! Vive la culture vivante !

Chez nos amis 

Le cinéma Lux de Valence continue de défricher les terres cinématographiques inconnues  en accordant une place de plus en plus grande au ciné concert. Dans le cadre du festival Viva  Cinéma 5 évènements marient chefs d’œuvre du patrimoine cinématographique et  accompagnement musical en direct. 

Vendredi 29 janvier à 18 h : Pour Don Carlos de Jacques Lasseyne et Musidora. 1921, 1h30.  Une occasion de (re) découvrir Musidora devant et derrière la caméra, première Vamp du  cinéma français. Accompagné au piano par Karol Buffa. Plus de détails sur http://www.lux valence.com/calendrier/pour-don-carlos/ 

Dimanche 31 janvier à 11 h : 18 courts métrages de George Méliès accompagnés par les  élèves de la classe musique à l’image de l’agglomération Valence Romans, sous la direction  de Nathanaël Bergèse. Plus de détails sur http://www.lux-valence.com/calendrier/georges melies/ 

Samedi 30 janvier à 19 h : Suspense de Loïs Weber ( 1913 – 10 mn) et la cigarette de  Germaine Dulac ( 1919 – 56 mn) avec Maguelonne Vidal  

(saxophones) et Alain Grange (Violoncelle). Plus de détails  

sur http://www.lux-valence.com/calendrier/pionnieres-1- 

3/ 

Samedi 30 janvier à 17h30 : Sur la route des Alpes, 5 courts métrages de André Bayard  (1921) une commande du touring-club sur des sites alpins d’une autre époque. Accompagné  par Maxime Dangles (électro) 

Mercredi 27 janvier à 19h : Trois épisodes des Vampires (1915-1916) : la  tête coupée, la bague qui tue et le cryptogramme rouge, de Louis  Feuillade, à l’origine des séries, les aventures de Philippe Guérande où  l’on retrouve l’iconique Musidora. Plus de détails sur http://www.lux 

valence.com/calendrier/les-vampires-2/

Nouveautés 

Marianne et Léonard : film documentaire présenté au festival Sundance en janvier 2019 et  dont on attend toujours la sortie française. Réalisé par Nick Broomfield, 1h41. On ne  présente plus Léonard Cohen. Icône de la scène folk de la fin des années 60 et début des  années 70, il est un véritable identifiant pour nombre d’amateurs. C’est en 1960 que  Léonard Cohen rencontre sur l’ile de Hydra en Grèce Marianne Ihlen avec qui il tisse des  liens d’amitiés avant qu’elle ne devienne son amante, sa muse. Elle lui inspirera plusieurs  titres célèbres comme « So long Marianne » , « Hey that’s no way to say goodby » (tirés de  l’album « songs of Léonard Cohen » – 1967), ou encore « Bird onthe wire » (Album « Songs  from room » 1969) ou « Words of love ». Après la rupture amoureuse, les deux poursuivront  leur vie amoureuse sans jamais rompre véritablement les liens. En 2016, Marianne malade,  reçoit une lettre de son ex amant lui promettant de la rejoindre bientôt. Elle meurt en juillet  de la même année. Léonard Cohen la suit au mois de novembre suivant. 

C’est sur cette relation fertile, source d’inspiration pour le chanteur poète qu’explore le film  documentaire de Nick Broomfield qui s’était déjà illustrée sur un travail (controversé) sur la  fin de Kurt Cobain. Sortie française à venir. Bande annonce :  https://www.cinoche.com/films/marianne-et-leonard-mots-d-amour/bandes-annonces .  

A dog called money. Documentaire musical de Seamus Murphy. 1h30 ; Irlande-RU. Le film  retrace l’itinéraire créatif à l’œuvre chez la chanteuse PJ Harvey et qui aboutira à la sortie de  l’album « The hope six démolition project » en 2016. Polly Jean Harvey, née en 1969 au  Royaume Uni, s’illustre sur la scène rock indé dès le début des années 90 avec les albums  

« Dry » et « Rid of me ». Chanteuse, guitariste, saxophoniste, auteur  PJ Harvey accède à un succés international dès 1995 avec l’album  « To bring you my love ». Artiste originale et difficile à classer (on  pense à Pattie Smith) PJ Harvey touche au grunge, au gothique  comme au folk rock (album « Let england shake » construit à partir de  lettres de soldats de la Première Guerre mondiale). 

Dans a dog called money, Seamus Murphy et PJ Harvey partent en  voyage entre 2012 et

2014, l’un tirant  l’autre vers l’Afghanistan (Seamus est  

photographe de guerre et a travaillé sur ce pays), le Kosovo, ou  encore les quartiers déshérités en voie de gentrification de  Washington. PJ Harvey s’y essaye aux instruments des cultures  locales, en tire les textes de ses futures chansons. Puis en studio à  Londres, on suit le travail d’enregistrement de l’album  au cours de séances publiques. Richesse musicale, images  soignées permettent de pénétrer les différentes facettes du talent  de l’artiste. Sortie française à venir.

Bande annonce :  https://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19590804&cfilm=270579.html 

Et pour ceux qui se plonger dans l’ambiance des concerts de la belle (Macho !!! NDLC) :  https://www.youtube.com/watch?v=jjl14sLjOTU 

Un cinéaste dans la musique : ce mois-ci, Franck Cassenti. Cinézic ne pouvait pas manquer  de croiser l’œuvre de Franck Cassenti tant celle-ci est émaillée de films sur la musique  réalisés par passion. Franck Cassenti est né à Rabat en 1945. Il se frotte très tôt au Jazz en  tant que contrebassiste puis découvre l’art de la caméra qui lui fera croiser les chemins de  Chris Marker, Joris Ivens, Marcelline Loridan. Il réalise son premier court métrage de fiction  en 1969 et son premier long métrage (avec Jacques Higelin, Pierre Clémenti) en 1972 (Salut  voleurs). Cinéaste engagé, c’est en 1973 que je le découvre avec « L’agression », court  métrage sur un meurtre raciste qui subira les affres de la censure. 

Dans les années 80 il oriente son travail sur la  

musique avec « Lettre à Michel Petrucciani »,  

« je suis Jazz c’est ma vie » (Archie Shepp),  

« Mystery Mister Ra » (Sun Ra), l’admirable  

« Retour en Afrique » puis travaille sur Billie  

Holiday (pour Arte – Billie for ever), Richard  

Galliano, la musique gwana (« Gwana music »  

en 2010).  

Lettre à Michel Petrucciani :  

Mystery Mister Ra : http://youtu.be/YQ4cNEf15CM 

Franck Cassenti a plus d’une corde à sa guitare : il s’illustre aussi dans la mise en scène de  théâtre, la direction du festival jazz de Porquerolles ou encore la pratique de la guitare de  Jazz. 

Sa dernière oeuvre, « Changer le monde » (2020 – 83 mn) porte sur le festival de  Porquerolles et conjugue la musique aux luttes qui ont agité le monde depuis 50 ans. On y  croise Martin Luther King, la lutte anti apartheid et quantités de musiciens dont nous  retiendrons Archi Shepp, Siegfried Kessler, André Minvielle, Aldo Romano bien d’autres….  Une belle découverte sur laquelle Cinézic pourrait bien se pencher…. L’occasion d’inviter  Franck Cassenti ??? 

Les brèves de Cinézic : lactualité du film musical. N° 13.  Septembre 2020.

Vintage.« La femme aux chimères » de Michael Curtiz. USA. 1950 (repris en 2004). 107mn. Avec Kirk Douglas, Lauren Bacall et Doris Day dans les rôles principaux. Le film, mal titré dans sa version française, est une adaptation du roman de Dorothy Baker (traduction française par Boris Vian), «Young man with a horn », lui-même inspiré de la vie du musicien Bix Beiderbeke (1903 – 1931). Rick Martin (Kirk Douglas), enfant abandonné se prend de passion pour la musique qu’il surprend dans une boite de Jazz. Pris sous l’aile d’un musicien de Jazz, il devient un virtuose de la trompette. Partagé entre l’amour pour deux femmes, la belle et douce Jo Jordan (Doris Day), et la machiavélique Amy North (Lauren Bacall), Rick maltraite une carrière brillante et sombre peu à peu dans l’alcool. Il meurt d’une pneumonie à l’âge de 28 ans. Le film prend quelques distances avec la réalité et participe à la construction du mythe Bix Berderbecke, artiste maudit. Mais l’œuvre rend à merveille la situation de ces artistes de Jazz partagés entre les orchestres de danse, ou de jazz philharmonique proches de la variété et les aspirations vers un jazz libéré qui fait la part belle à l’improvisation.

Malgré une carrière courte Bix Beiderbecke a marqué l’histoire de la trompette dans la lignée d’un Armstrong. Ces envolées improvisées et batties sur une seule note le caractérise et annonce le style « Cool » de l’après-guerre.

Bix Beiderbecke a fait aussi l’objet d’un biopic italien de Pupi Avati (1991), d’une biographie en français parue en 2004 chez Outre mesure, de Jean Pierre Lion et d’un téléfilm de Jean Christophe Averty «  To bix or not to bix ».

Un interview très intéressant de Christian Viviani sur « la femme aux chimères : https://www.youtube.com/watch?v=JU0a6EMpOLU

Un extrait très musical de « Bix » de Pupi Avati  (intégralité du film sur You tube et en version française) :

Un extrait du téléfilm de Jean Christophe Averty dans son style bien à lui : https://www.youtube.com/watch?v=dh3o1E4ZwGU

La bande annonce de « Young man with a horn » (version anglaise) : https://www.youtube.com/watch?v=huUexJo0oVQ

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=6imOyPnHnfY&list=PLKJ4fbkY2xR45OwLhaZ5uREZTfKS8p8vt&index=3

Une belle analyse sur le site de DVD classic :

http://www.dvdclassik.com/critique/la-femme-aux-chimeres-curtiz

Enfin des sorties !

Nouveauté :  « Africa Mia ». Sortie prévu en septembre 2020. Film documentaire de Richard Minier et Edouard Salie. 1H18.

1960 : Le mali devient indépendant sous la direction de Modibo Keïta. Comme beaucoup de jeunes républiques, le Mali se rapproche du camp soviétique dans le cadre de la Guerre froide. En 1964 un groupe de jeunes musiciens maliens se voit offrir l’opportunité de partir en formation à Cuba. Objectif : créer une musique originale, ouverte, moderne mais authentiquement malienne pour accompagner la naissance du nouvel état. Ces jeunes vont connaître leur heure de gloire en brassant les musiques malienne et cubaine au sein de l’ensemble « Les maravilhas de Mali » : C’est l’époque de « Rendez-vous chez Fatimata » qui fait danser toute l’Afrique de l’ouest, pendant du célèbre indépendace Chacha du congolais Joseph Kasabele dit Grand Kalle. En 1968, les maravilhas du Mali sont la vitrine de la coopération afro cubaine au festival panafricain de la Havane, censé célébrer l’amitié entre Cuba et les peuples d’Afrique. Mais voilà, pendant ce temps au Mali le lieutenant Moussa Traoré renverse Modibo Keïta et s’empare du pouvoir. A l’instar d’un Boubakar Traoré, figure de la musique malienne, qui disparaît des ondes de la radio après avoir accompagné tous les matins le réveil de la population (une histoire relatée par le film « Je chanterai pour toi » de Jacques Sarrazin), « les Maravilhas du Mali disparaissent de la scène musicale.

Richard Minier, fasciné par cette aventure part à la recherche des musiciens, de leur histoire, dans l’espoir de reformer le groupe. On pense à « El Gusto » de la réalisatrice Safinez Bousbia, que nous avions programmé avec bonheur en 2017.  « Africa Mia »  ressuscite avec bonheur une page oubliée de la musique africaine.

En 2019, Universal classique rend justice à ces musiciens en rééditant un CD de leurs titres : Africa Mia des Maravilhas de Mali.

La bande annonce : http://youtu.be/Gmxv9-L3Uvo

« Rendez-vous chez Fatimata » : https://www.youtube.com/watch?v=SEMNC-kzwQU

Nouveauté : « Billie ». De James Erskine. Sortie prévue fin septembre au festival du film américain de Deauville. 1H32. Royaume Uni. Documentaire musical.

Le film est consacré à la très grande Billie Holiday dont je renonce ici à résumer l’incroyable (et par bien des aspects, dramatique) vie. Le film vient mettre en forme la formidable masse de documents, de témoignages extraordinaires, réunie par la journaliste Linda Lipnack Kuehl dans les années 60 en vue de la construction d’une biographie de l’immense chanteuse, travail interrompu par le décès de l’auteur.

Il nous suffira ici de savoir que Eleanora Harris Fagan, dite Billie Holiday, surnommée Lady Day par Lester Young est née en 1915. Qu’elle a connu l’absence du père, la misère et la prostitution de la mère, le viol et les violences des maisons de « redressement ». A 13 ans elle retrouve sa mère à New York et connaît à son tour la prostitution et la prison, mais aussi s’essaye au chant dans les clubs où elle vit de pourboires tout en se taillant une certaine popularité. Sa rencontre avec John Hammond (le même qui a lancé Bob Dylan et Bruce Springsteen entre autres) lui ouvre les portes de la Columbia. Dès lors elle enchaîne succès et collaborations avec les plus grands noms du Jazz.

Chanteuse engagée pour la cause des afro-américains, elle interprète la chanson « Strange Fruit » (même si elle n’est pas la créatrice du morceau) de Abel Meeropool et en fait une référence mondiale. La suite est une longue lutte entre succès et addictions, exploitation par des hommes peu scrupuleux, santé chancelante. C’est à cette vie hors du commun, celle d’une des plus grandes chanteuses du 20ème siècle décédée en 1959, que s’attache le film de James Erskine.

Bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19588940&cfilm=281448.html

Cinézic 5ème édition. Lancement le samedi 31 octobre à 16 h avec « Là où vont nos pères »,  BD Concert sur des images de Shaun Tan monté par François Asselineau et une musique de Florent Hermet (Contrebasse).. Tout public. Dés 8ans.

Espace culturel Louis Nodon.

Shaun Tan est né en 1974 en Australie. D’origine asiatique installée sur une terre d’immigration, à Perth qu’il ne quitte pas, coincé entre désert et Océan, Shaun Tan cultive un intérêt pour le déplacement et la découverte. Primé de nombreuses fois tant pour ses travaux d’écrivain jeunesse que pour ses dessins (BD, illustrateur) et ses travaux d’animation (« La chose perdue »), Shaun Tan reçoit le grand prix de la BD à Angoulême en 2008 pour son œuvre « Là où vont nos pères ».  Le format, muet, privilégie le rapport intime entre le lecteur et le dessin, dans une œuvre qui privilégie la magie de imagination.

Florent Hermet, que l’on connaît entrez autre pour sa participation au groupe « Nomad ? » et qui participe à l’excitant trio « Douar trio », ou encore dans la fanfare « Doc mad »  nous propose un extraordinaire dialogue entre sa musique et la poésie des dessins de Shaun Tan. A ne pas manquer !

Le Teaser : https://vimeo.com/261279956

Chez nos voisins et amis.

Apéritif concert le 18 Août à 18 au Trouillet (Alboussière)avec le trio Joel Forrester (Joel Forrester : piano ; Yvan Oukrid : batterie ; François Gallix : contrebasse)

Libre participation – minimum dix euros.

Le retour de Joel Forrester au Trouillet, là où nous l’avons rencontré il y a deux ans.

https://www.youtube.com/watch?v=38Ail9B-dC8 Finalement le concert a été annulé mais pour le plaisir nous vous laissons le lien internet

Brève N°12

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Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 12. Juin 2020.

Au fil des bobines : Rock et cinéma.

« Eat that question – Frank Zappa  in his own words » est un documentaire d’1h36’ du réalisateur allemand Thorsten Schütte, sorti et présenté au Sundance Film Festival en 2016. Il est disponible en DVD en vente sur Blaq out. Il est très ardu de rentrer dans l’œuvre immense de ce génie créateur. Il est souvent relégué à ses potacheries provocatrices ou bien à la complexité de sa musique contemporaine par les commentateurs médiocres. En réalité FZ est un grand artiste, libre, insoumis, à la parole acerbe, contestataire mais anticommuniste et anti drogues. Il n’a eu de cesse de se battre contre les politiciens américains, la censure et les leaders évangélistes ; son décès prématuré en 1993 alors qu’il avait 53 ans l’ont empêché de se présenter aux élections présidentielles. Régulièrement boycotté par les média et l’industrie du disque, sa force de travail et son génie créateur lui ont permis d’enregistrer des milliers de kms de bandes et plus d’une soixantaine de disques. Il s’est aussi produit avec d’innombrables formations aux 4 coins de la planète notamment en Europe de l’Est où il est considéré comme un héros ; n’a-t-il pas été nommé ministre par Vaclav Havel lui-même aux lendemains de la libération de la Tchécoslovaquie ?! Ses influences musicales ont été dès l’âge de 12 ans celles de Varèse, puis du doo wap, du rythm and blues, du rock and roll, du jazz .. Alors comment s’initier à cette œuvre protéiforme, par quel bout commencer ? Ce documentaire peut être une porte d’entrée car sa grande force est de donner la parole à FZ lui-même. Le film est un montage d’images d’archives et de performances de l’artiste qui entrecoupent des interviews. Ce procédé nous donne à voir Zappa sous un tout autre jour tout en conservant une part de fascination, de mystère et d’émotion ce qui peut enthousiasmer les non-initiés. Se laisser aller à observer le personnage au travail en concert répondre sans bien-pensance aux questions des journalistes s’en prendre au président américain devant le Congrès américain sur la question de la censure, procure un intense plaisir.

Quelques liens utiles :

https://www.youtube.com/watch?v=E1g4zuA0SKI la bande annonce

https://youtu.be/jymHINLcjlw le morceau Eat that question

https://www.vice.com/fr/article/wdjqy5/frank-zappa-documentaire-eat-that-question un article de presse.

Quelques conseils d’écoute :

The grand Wazoo (avec le morceau Eat that question)

The best band you never heard in your life

Zappa in New York

One size fits all

Sheik Yerbouti

Un bouquin :

Frank Zappa par Guy Darol éditions Folio.

Zabriskie point. 1970. Michelangelo Antonioni (1912-2007). Quand Antonioni se lance dans ce projet de film américain, il a déjà une belle carrière derrière lui marquée par de nombreux prix glanés dans les festivals européens (Cannes, Venise, Berlin) ; « L’aventura » en 1960 suivi de « La nuit », « L’éclipse » et « Le désert rouge » puis en 1966 « le thriller » Blow up » dont la bande originale est signée par le Jazz man Herbie Hancock. Le réalisateur veut mettre en scène la société américaine en pleine ébullition en cette fin des sixties : la lutte pour l’égalité des noirs, l’opposition à la guerre du Vietnam, la crique de la société de consommation ou encore la revendication d’une libération des mœurs. Avec Nixon à la Maison blanche, la répression s’est durcie, les mouvements contestataires se sont radicalisés. Dans ce contexte la droite américaine accueille mal le film du réalisateur italien dont le tournage sera émaillé d’incidents. Nous sommes en Californie, dans un campus traversé par les luttes., Mark jeune étudiant se retrouve au mauvais endroit, témoin de l’assassinat d’un jeune noir par la police puis du meurtre d’un policier, dont il ne manquera pas d’être accusé. Il prend la fuite, vole un avion et décolle sur fond de « Dark star » du Grateful Dead. Il rencontre Daria, jeune idéaliste employée par une firme publicitaire. Dans le désert, près du Zabriskie Point, dans un paysage lunaire ils se découvrent et font l’amour au milieu d’autres couples imaginaires. Mark veut rendre l’avion mais est abattu par la police. Daria apprend sa mort sur la radio. Elle se rend chez son patron, repart et rêve l’explosion de la villa, longue scène où les objets symboles de la consommation explosent sur « Come in number 51, your time is up » reprise de « Attax at your axe, Eugène » du Pink Floyd. Critiqué par la droite, le film n’est pas mieux accueilli par la gauche qui lui reproche ses clichés, et un jeu d’acteur approximatif (les deux acteurs vedettes sont totalement amateurs). Mark Frehelle (1947-1975) a été recruté dans la rue lors d’un affrontement avec la police. Il mourra peu de temps après en prison après un hold-up, dans des conditions non déterminées. Pour la bande son, Antonioni s’est d’abord tourné vers les Doors de Jim Morrisson mais le résultat n’a pas convaincu. Il utilise alors les groupes en vogue de l’époque : Pink Floyd pour la scène finale, Le Grateful Dead, une improvisation de Jerry Garcia sur la scène d’amour dans le désert (« Love scène », très beau morceau). On y entend aussi les Rolling Stones, The young bloods ou encore « Dance on the death » de John Fahey, figure de l’école de guitare Tacoma, lorsque Daria apprend la mort de Mark. Une bande originale que l’on s’arrache aujourd’hui à prix d’or. Le film n’a pas si mal vieilli que ça. La société américaine y est montrée à travers une architecture écrasante, une publicité omniprésente, une violence impitoyable. Les aspirations à la libération, magnifiées par la musique sont souvent éphémères, ancrées dans le rêve et vouées à l’échec. C’était peut-être trop dérangeant pour beaucoup de monde dans l’Amérique de la fin des sixties.

La scène finale : https://www.youtube.com/watch?v=guOmJM8xvHA&t=19s

La bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19562442&cfilm=1419.html

On the roof : Vraiment « brèves de Cinézic » ne recule devant aucun sacrifice pour vous contenter. Aujourd’hui nous n’hésiterons pas , après une longue investigation, à lever le voile sur une des vérités les plus cachées de l’Histoire du rock, à savoir, « mais qui donc est monté sur le toit en premier ? ». Nous profitons donc de la prochaine sortie du film de Peter Jackson, « The Beatles : get back » revenant sur l’enregistrement du dernier disque des Fab four, « Let it be ». Reprenant des images tournées sur le vif en 1969 par Michael Lindsay-Hogg, images qui donneront lieu à la sortie du film « Let it be » en 1970, Peter Jackson, bien trop jeune pour avoir connu l’époque de Let it be (il est né en 1960), réalisateur de la trilogie du « Seigneur des anneaux » et de ses suites, et de nombreux film fantastiques et autres épouvantes, profite donc du cinquantième anniversaire du dernier album des Beatles pour se lancer dans ce documentaire musical. L’année 1969, et l’album « Let it be » constitue le chant du cygne du groupe iconique des sixties. L’ambiance est au plus mal, les relations sont chaotiques entre les artistes. Commencées dans les studios de cinéma de Twickenham dans des conditions épouvantables, le groupe se replie dans les studios d’Abbey Road. L’idée d’une prestation live est dans l’air, mais où ? En complet désaccord les 4 Beatles finissent par tomber d’accord sur une prestation sur le toit qui aura lieu le 30 janvier 1969. Le concert d’une durée de 42 minutes donnera lieu à quelques prises de morceaux qui se retrouveront sur le disque. En raison du mouvement de foule provoqué par la prestation des Beatles, la police intervient et met un terme au concert. Si le film de Lindsay-Hoog met en scène les tensions au sein du groupe annonciatrices de l’éclatement final, Peter Jackson donne une toute autre image du groupe beaucoup plus conviviale et joviale. Ce concert improvisé (improvisé, improvisé, faut pas pousser, les caméras ne sont pas tombées du ciel NDLC), ainsi que l’album « Let it be » seront les derniers du groupe.

Alors, un concert sur le toit, une première ? Pas vraiment. A la même époque, aux USA, Jean Luc Godard tourne avec le Jefferson Airplane, groupe phare des années psychédéliques et de la Californie. Mais c’est à New York, en plein Times square que le groupe décide de lancer son nouvel album, le très beau « Crown of création » en jouant….. sur le toit d’un hôtel. Concert clandestin sous les yeux et la caméra de Godard, provoquant la stupéfaction indignée ou transporté des passants et clients de l’hôtel voisin. Le groupe se signale par les vocaux de son trio de choc, la belle (macho ! NDLC) Grace Slick, le talentueux Marty Balin et le militant Paul Kantner et ses musiciens d’exception, Jack Casady et sa tête de batracien à la basse (et moi je dis que c’est le meilleur bassiste de l’histoire du rock NDLC), et Jorma Kaukonen, véritable loup des steppes à la guitare, pour un fantastique « The house at pooneil corners ». La prestation se termine rapidement par une intervention musclée de la police. Nous sommes le 19 novembre 1968, soit 2 mois et demi avant le concert des Beatles.

Il paraît que des heures de tournage dorment dans des boîtiers et n’ont jamais été montées. Alors, comme Jean Luc Godard est un lecteur assidu des « brèves de Cinézic », toute l’équipe lui demande expressément de finir le travail que nous nous engageons à programmer à Cinézic, avec une invitation à la clé pour déguster le pâté de sanglier.

Jefferson Airplane on the roof filmé par Jean Luc Godard. https://www.youtube.com/watch?v=XYr5D4lqC0w

Vie de l’association.

Janvier 2020, Cinézic attaque la nouvelle année avec énergie entre les réunions de la commission programmation et un « séminaire » début Mars à Flaviac en vue de faire le point sur nos pratiques et activités. Des travaux suspendus par la situation sanitaire que nous connaissons mais pas interrompus. Les visio conférences ont pris le relais, non sans mal pour certains de nos membres. Mai Juin, les réunions ont repris en enchaînant les décisions : maintien du festival tant que la situation ne nous contraindra pas à annuler, choix de la programmation, lancement d’un site,

Nous pouvons déjà vous promettre quelques belles nouveautés (Trio ne sort qu’en Septembre), un tour du monde qui nous conduira de la Chine à Cuba en passant par Madagascar et la Nouvelle Orléans, un ciné concert excitant avec la rencontre entre Jean Kapsa, l’étoile qui monte, et Buster Keaton dans une séance qui ravira petits et grands et en ouverture on tente une BD Concert avec le contrebassiste Florent Hermet (Nomad?) sur les planches extraordinaires de « Là où vont nos pères » de Shaun Tan (Primé à Angoulême). Plein de raisons pour nous retrouver avec bonheur en espérant que les virus nous fichent la paix les 31 (ou 30) Octobre et 6, 7 et 8 novembre 2020. Plein de raisons aussi pour renouveler votre adhésion si ce n’est déjà fait.

Brèves n°10

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Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 10. Avril 2020.

Les fulgurances musicales du cinéma français : Des films français qui n’ont rien de musical mais qui intègrent des moments musicaux de grâce.

« La belle équipe » de Julien Duvivier. 1936. 101mn. Julien Duvivier va s’illustrer au sommet du cinéma français pendant une trentaine d’années de 1930 aux années soixante. A la fin du cinéma muet il adapte « Au bonheur des dames » puis dans les années tente il commence à travailler avec Gabin ( « La belle équipe », « Pépé le moko ». Pendant la guerre il préfère s’exiler et travailler aux USA. Après la libération il poursuit son œuvre dans la veine pessimiste et noire sur la condition humaine (« Panique », « Marie Octobre » « la fin du jour ») quitte à dérouter parfois le public français. Mais on lui doit aussi le premier volet de « Don Camillo » qui, lui, connaît un gros succès populaire.

Dans « La belle équipe », sorti en septembre 1936, cinq chômeurs incarnés par Gabin (Jean), Vanel ( Charles), Raymond Aimos (Tintin), Charles Dorat ( Jacques) et Raphaël Médina (Mario, réfugié espagnol sous le coup d’une expulsion) gagnent le gros lot de la loterie nationale. Entraînés par le charismatique Jean, ils décident de se grouper pour racheter un vieux moulin et le transformer en guinguette . Si dans un premier temps la vie est belle pour les cinq, les ennuis ne manquent de se profiler et de venir à bout de la belle équipe.

Le film sort en septembre 1936, juste après la victoire électorale du front populaire, les grèves (plutôt joyeuses) de mai, les accords Matignon, et les premières lois du gouvernement de Blum dont la fameuse création des congés payés. L’ambiance est à la joie. Une joie exprimée par un des plus célèbres passages du film : dans la guinguette qui fait le plein d’une clientèle populaire enfin à même de profiter des beaux jours, Jean défile au milieu des tables avec un accordéoniste en chantant « Quand on s’promène au bord de l’eau ». Tout un symbole, une « embellie »dans les vies populaires comme le dira Léon Blum devant les juges du procès de Riom, et comme le titre du beau roman de Jean Pierre Chabrol.

Dans une première version, le film se termine mal. L’équipe se réduit au fil des malheurs et les deux derniers, Jean et Charles, se disputent la même femme et Jean finit par tuer Charles, comme une prémonition des années qui viennent. Une fin que le public, tout à sa joie, n’apprécie pas au point qu’on exige de Julien Duvivier une autre fin à son corps défendant : la belle Gina (Viviane Romance), femme de Charles, finira par s’effacer pour sauver l’amitié entre les deux hommes.

Du même Julien Duvivier, « Pépé le Moko » s’impose dans cette rubrique par la présence de Frehel, immense chanteuse réaliste à la vie tragique dans la première moitié du 20ème siècle. Le film, sorti en 1937 (94 mn) illustre la relation privilégiée entre le réalisateur et Jean Gabin. Ce dernier interprète un caïd de la pègre parisienne, Pépé le Moko, réfugié dans la casbah d’Alger, bien protégé par le milice et pisté par l’inspecteur Slimane. Le truand croise la belle Gaby, parisienne en goguette, et en tombe amoureux ce que n’apprécie guère sa fiancée Inès. L’inspecteur Slimane tisse sa toile.

La scène culte représente Pépé allongé en train de s’ennuyer ferme alors que la vieille Tania s’occupe du ménage et rêve de ses jeunes années glorieuses. Et c’est là que c’est fort, Fréhel est bien cette vielle femme abîmée par l’alcool et la drogue, au succès vacillant qui, dans le rôle de Tania, met un disque sur l’électrophone pour écouter la chanson « Où est-il donc ? », chanson pleine de la nostalgie de Paris, sous les yeux d’une belle jeune femme épinglée au mur, qui n’est que autre que Fréhel jeune. Tania entonne cette chanson, sa chanson, alors que les larmes lui viennent.

Fréhel est née en en 1891 dans un milieu pauvre que n’épargne pas la prostitution comme moyen de survie. Ce qui peut expliquer son goût, et son talent pour les chansons réalistes qui ne sont pas à l’eau de rose. Elle est considérée comme beaucoup comme une des plus grandes chanteuses françaises et son influence reconnue est certaine (Gainsbourg, Higelin, Trenet, Renaud). Elle fait l’objet d’un regain d’intérêt auprès de la jeune générations de la chanson française. « La java bleue, « la coco », « la chansons des fortifs » font partie de ses plus grands succès. Mais la vie est cruelle, malgré des retours porteurs d’espoir, c’est bien seule que Fréhel mourra dans un sordide hôtel de Passe rue de Pigalle en 1951.

Alors profitons de cette grande dame dans « Pépé le Moko : https://www.youtube.com/watch?v=NLufu3yR7LU

PS : Petit rappel, c’est bien le personnage de Fréhel, interprété par Yolande Moreau, que Gainsbourg jeune rencontre dans « Gainsbourg, vie héroïque » en chantant « la Coco ».

« Tirez sur le pianiste » de François Truffaut. 1960. La nouvelle vague (fin des années 50, fin des années 60)vient de prendre son envol. Avec Godard, Rohmer, Rivette, Malle, Varda, Resnais…  François Truffaut va marquer le cinéma français et mondial. En 1959, François Truffaut rencontre le succès avec « Les 400 coups », premier volet de la saga Doinel. Mais son escapade dans le cinéma noir, policier l’année suivante avec « Tirez sur le pianiste » sera un échec. Et pourtant, cette adaptation d’un roman de David Goodis, « Tirez sur le pianiste » ne manquait pas d’atouts avec Charles Aznavour dans le rôle d’un pianiste (plutôt bon d’ailleurs). Mais ce n’est pas cette prestation qui vaut au film de figurer dans cette chronique, ni même à la chanson « Dialogue d’amoureux » entendue dans une voiture sur une radio et interprétée par le jeune Félix Leclerc et Lucienne Vernay (Mme Canetti), mais bien l’apparition hallucinée de Boby Lapointe dans le bistrot pour interpréter « Framboise » (l’ami Alex adorait cette chanson. Lui et ses copains du Valentin la chantaient par cœur NDLC). L’élocution rythmée du chanteur, la finesse des calembours et jeux de mots imposent un sous titrage de la chanson. Cette apparition reste un des grands témoignages de la carrière du talentueux natif de Pézenas.

Charles Aznavour joue le rôle d’un pianiste de bistrot (Charlie Kohler), ancienne star sous le nom d’Edouard Saroyan, mêlé à des histoires de bandits par son frère. En fait le film est une réflexion sur les femmes, sur les rapports hommes femmes. Edouard Saroyan se confronte à son ex-femme qui s’est suicidée après avoir couché avec son imprésario pour lancer la carrière de son mari, Clarisse (Michèle Mercier) prostituée au grand cœur toujours prête à dépanner avec tendresse et Hélène (Marie Dubois) serveuse dans le bistrot sur laquelle le patron a jeté son dévolu et Edouard son amour. Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=X4BY8h9B92M

Sortie : « Judy » de Rupert Goold. Biopic. 1H58.

Une des dernières sorties (février 2020) avant le confinement qui bouleverse la vie du cinéma. Ce biopic classique qui revient sur la dernière année de la vie de la star Judy Garland n’échappe pas aux clichés du genre. Il faut dire que sa vie se prête au mélo. Poussée sur la scène dès son plus jeune âge par ses parents, Judy Garlan connaît une consécration mondiale grâce au film « Le magicien d’Oz » (1939) film musical de Victor Fleming dans lequel elle tient le rôle principal (Dorothy) et interprète le succès « Over the Rainbow ». Le film est considéré comme le plus vu dans le monde.

Judy Garland tournera ensuite dans de très nombreuses comédies musicales dont « A star is born » de George Cukor. Elle travaillera avec Vincente Minnelli qui deviendra son mari et le père de Liza Minnelli. Là, les désordres conjugaux, les abus d’alcool et de médicaments pris à l’instigation de ses employeurs auront raison de sa carrière cinématographique. Elle reviendra ensuite en se consacrant au music-hall. Le film porte sur sa dernière tournée londonienne en 1969 où elle vit l’épreuve d’une femme déchirée entre son rôle de mère et sa carrière. Le film vaut pour la prestation de Renée Zellweger qui, pour interpréter Judy Garland, travaille le chant pendant un an (elle chante elle-même les chansons du film) et restitue minutieusement le personnage de la star. Judy Garland meurt à Londres suite à une excessive prise de médicaments.

Bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584772&cfilm=260048.html

Les pépites de l’orpailleur : « Nha Fala » de Flora Gomes. 1H29. 2002. Une comédie musicale à l’africaine sur une musique de Manu Dibango. Belle occasion de rendre hommage au saxophoniste camerounais emporté par le covid 19. « Nha Fala » est une comédie musicale de Florent Gomes, originaire de Guinée Bissau ,et très impliqué dans le processus de décolonisation de son pays. Son cinéma est engagé au cœur de l’Afrique. La jeune Vita, inter pétée par Fatou N’Diaye, est sous le coup d’une

malédiction : dans sa famille, celui qui chante mourra. Exilée en France elle rencontre un jeune musicien, Pierre (Jean Christophe Dollé), dont elle tombe amoureuse et qui, subjugué par sa voix, la pousse à enregistrer. Vita décide de retourner au pays et de s’expliquer avec sa mère. Pour Flora Gomes, la quête du chant est une quête de liberté, une conquête de son droit d’expression pour la jeune fille. Très coloré, très dansant, le film s’inscrit dans une parenté avec le cinéma de Jacques Demy avec Manu Dibango dans le rôle de Michel Legrand et Fatou N’Diaye alter égo de Catherine Deneuve.

La bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18353583&cfilm=47420.html

Rubrique : Nous ne sommes plus seuls dans l’univers.

Un de plus ! Le festival du film musical de Suresnes a tenu cette année sa deuxième édition sur 5 jours du 28 janvier au 2 février . Animation musicale, karaoké, animation enfants au programme et 13 films dont « Judy », Dirty Dancing, « A hard day’s night », soirée Bollywood avec Bajirao Mastani, « Un américain à Paris »,« Le criquet » (programmation enfant). Et en clôture « Le magicien d’Oz » de Victor Flemming avec Judy Garland.

Brèves Cinezic N °9

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Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 9. Mars 2020.

Edito :

Ce mois-ci un édito. C’est inhabituel et provoqué par les circonstances.

Cinéziciennes et Cinéziciens, amoureux du film musical, ami(e)s tout simplement. La crise sanitaire nous a trouvés en pleine préparation de la 5ème édition de Cinézic. Et c’est avec des projets et des idées plein la tête que nous nous acheminions vers Novembre. Comme pour tout le monde, les circonstances sont venues perturber notre enthousiasme : pourtant nous savons qu’après l’annulation du festival de Cannes et de nos cousins bordelais de Musical écran tous les regards du monde cinématographique sont tournés vers Vernoux… Mais arrêtons de plaisanter (un moment), autour de nous des gens en souffrance, des personnels bousculés, des fins de vie dramatiques. Une pensée forte pour notre vice-présidente Roselyne qui, avec ses collègues de l’EHPAD Beauregard, est en première ligne.

Si nous avons bien avancé sur les programmations possibles, beaucoup d’autres dossiers sont en panne. Difficile de préparer en ce moment une animation à l’EHPAD. Pouvons-nous courir après les sponsors au moment où ceux-ci sont confrontés à des problèmes plus importants ? Pour l’animation scolaire, nos interlocuteurs éducation nationale ont d’autres préoccupations ; les clubs d’ados sont en suspens ….. Et nous ne savons toujours pas quelle sera la situation à la rentrée prochaine.

Mais ce que nous pouvons vous dire, c’est que nous sommes prêts et que nous continuons l’aventure Cinézic avec les moyens du bord.

Nous sommes prêts à vous concocter dès le retour à une situation normale une édition Cinézic enrichie.

Nous sommes prêts à nous rabattre sur un week-end cinéma avec une programmation superbe si la situation l’impose.

Nous sommes prêts, le cas échéant, à nous servir de cette pause pour revenir en 2021 avec encore plus d’idées.

Car nous avons encore beaucoup de bons moments à passer ensemble.

Prenez soin de vous et à bientôt.

L’équipe de Cinézic.

Les pépites du passé : « un été sauvage » (le temps fou) Film franco-italien réalisé en 1969 et sorti l’année suivante sur les écrans. Drame. 95 mn de Marcel Camus.

N é en 1912, Marcel Camus se frotte au théâtre dans un stalag de prisonniers de guerre pendant la seconde Guerre mondiale. Il se tourne ensuite vers le cinéma, réalise en 1957 « Mort en fraude » sur la Guerre d’Indochine puis « Orfeu Negro » en 1959, adaptation du mythe d’Orphée et Eurydice, transposé dans une favela brésilienne, film qui lui vaut un succès international, César et Oscar. Il figure alors dans le cinéma de la nouvelle vague au côté de F Truffaut, J-L Godard et bien d’autres. Après 1965 il s’oriente vers un cinéma plus commercial (« Le mur de l’Atlantique » avec Bourvil). C’est dans ce cadre-là qu’il faut situer le film « Un été sauvage » pour la réalisation duquel il est assisté par Alain Corneau.

Synopsis :Serge dépose à Juan-les-Pins une auto-stoppeuse, Sylvie, qui rejoint la « bande à Théo », formée d’étudiants, d’ouvriers, tous jeunes, tous fauchés, improvisant leurs vacances au jour le jour. Parmi eux, Serge rencontre Helle, un jeune fille discrète, dont il tombe vite amoureux, mais qu’il ne pourra conquérir qu’après avoir réglé ses moult problèmes avec de bien mauvaises fréquentations. Pas de quoi casser trois pattes à un canard si ce n’est pour la restitution de l’ambiance de l’époque, intégrant un beau défilé de la mode balnéaire de la fin des années 60.

Là où cela devient intéressant c’est que le film s’inscrit dans un contexte très musical : La bande originale est signée par Nino Ferrer qui tient un des rôles principaux (trépidant, virevoltant sans cesse) et chante dans le film « Mamadou mémé » et « La rua Madueira »au côté de Daniel Beretta et Richard de Bordeaux. Arrêtons-nous un instant sur ces deux personnages.

Daniel Beretta ( Serge dans le film) comédien, acteur, chanteur, est tombé très jeune dans le milieu de la chanson. Après un passage au petit conservatoire de Mireille, il rencontre Richard de Bordeaux. Ce couple de jeunes dandys excentriques va défrayer la chronique et effrayer l’opinion : leur titre « La drogue », très incitatif, est rapidement interdit d’antenne. Ce titre est interprété dans le film par un Richard de Bordeaux déguisé. Bref, on est à mi-chemin de l’underground psychédélique et du show biz. Après le film « Un été sauvage », Daniel Beretta sera Jésus Christ dans la comédie « Jésus Christ superstar » avant de doubler la voix d’Arnold Schwarzeneger pendant que Richard de Bordeaux compose la campagne publicitaire « l’enzyme glouton ». Le tableau ne serait pas complet si nous oublions de citer les passages en fil continu mettant en scène le célèbre contrebassiste de jazz Barre Philips et son instrument, et l’intervention de Pierre Perret. La regrettée Juliet Berto et Jessica Dorn, en duo de charme, complètent le tableau.

Plus distribué le film est introuvable y compris sous format DVD. Une mauvaise copie est accessible sur You tube :

« La drogue » par Daniel Beretta et Richard de Bordeaux : https://www.youtube.com/watch?v=wfxnmQoJ4UU

et puisque nous voilà plongés dans l’underground un peu déjanté de la fin des années 60 je ne résiste pas à vous livrer « Psychose » : https://www.youtube.com/watch?v=jmhgJikEE3U

Dans un premier projet Marcel Camus avait confié la bande originale du film alors appelé « Le temps fou » à Marion Brown, saxophoniste de renom, artisan des débuts du free jazz où il travaille avec Arshie Shepp ( album « Fire music » ) et John Coltrane (album « ascension » ). Il travaille aussi avec Barre Philips ce qui explique peut-être la présence de ce dernier dans le projet final du film « Un été sauvage » après abandon partiel du travail de Marion Brown. Le film conserve néanmoins un morceau du musicien, significatif des courants jazz de l’époque.

Le pianiste Jonathan Jurion a rendu un hommage appuyé au travail de Marion Brown dans l’album « Le temps fou » sorti en 2019 et tout à fait admirable : https://www.youtube.com/watch?v=8kcGPAYb22Q

Au fil des bobines

Une rubrique destinée à suivre un musicien (ou un groupe) au fil de ses interventions cinématographiques. A tout seigneur tout honneur, commençons par Bob Dylan.

«  Madhouse on castle street ». 1963. Royaume Uni. Ne cherchez pas : ce film avec le jeune Bob Dylan a complètement disparu sans laisser de trace, effacé par la BBC en 1968. En 1962, un producteur de la BBC, Philip Saville, séduit par ce jeune chanteur folk aperçu sur une scène de Greenwich village lui propose de venir tourner un film en Angleterre aux côtés de l’acteur David Warner. Ce sera le premier voyage hors de l’Amérique du nord de la future star.

Synopsis : Un jeune homme décide de se retirer dans son logement jusqu’à ce que le monde change. Sa sœur et ses voisins tentent de le sortir de là. Le film est rythmé par les chansons de Bob dont le tout neuf« Blowin in the wind ».

En cherchant bien on retrouve quelques rares traces audio de cette prestation, notamment « Blowin in the wind » mais d’une qualité assez décourageante.

«  Festival » 1967. Murray Lerner. USA. Murray Lerrner s’est fait le spécialiste des prestations filmées de musiciens dans le cadre de festivals. Vous trouverez des films sur le festival de l’île de Wight (Message to Love – 1995), sur Jimi Hendrix à l’Isle de Wight, (Blue white angel – 2002), The who (Listening to you- 1996) , Emerson Lake and Palmer (The birth of a abnd – 2006), Jethro Tull (Rien n’est facile – 2005). D’autres sur l’histoire des Who, sur Miles Davis (Miles electric, the different kind of blue – 2004) ou encore sur le violoniste Isaac Stern en Chine (doc primé à Cannes).

Dans le film « Festival », Murray Lerner revient sur les quatre éditions du festival de Newport de 1963 à 1967, illustrant le passage de flambeau entre la vieille génération des folkeus et bluesmen (Son House, Mississippi j.Hurt, Howlin’ wolf, Odetta, Pete Seeger) et l’éclosion des nouvelles têtes du folk : L’occasion de croiser Bob Dylan, Joan Baez, Peter Paul and Mary, Buffy Sainte Marie, Judy Collins (la judy blue eyes de Stephen Stills), Donovan, Richard et Mimi Farina (la petite sœur de Joan Baez). Un passage qui ne va pas sans accrochages tel celui qui opposera Bob Dylan à son Mentor Pete Seeger lorsque le jeune artiste électrifiera sa guitare aux côtés de Mike Bloomfield. Pas le temps de s’ennuyer donc dans ce film qui traduit le talent de Lerner propre à filmer la musique avec distance et respect des artistes. C’est aussi un document sur tout un mouvement social en train de naître dans les années soixante. Scorsese ne s’y trompera pas qui reprendra de larges extraits de ce film dans « No direction Home : Bob Dylan ».

Une belle critique éclairante sur ce film sur Point culture (avec quelques extraits. Ah! l’introduction du jeune Bob Dylan par Pete Seeger !!!): https://www.pointculture.be/magazine/articles/critique/murray-lerner-festival-dvd/

Attention, le film est disponible en DVD mais en zone 1 et en version anglaise uniquement.

Le même Murray Lerner reprend son matériel et développe sa vision du jeune Bob Dylan dans « The other side of the mirror : Bob Dylan at the Newport folk festival » paru en 2007.83mn, essentiellement composé par des chansons en direct. Toujours sur les éditions de 1963 à 1965 du célèbre festival folk, là où Bob Dylan électrifiera sa guitare en 1965 non sans mal avec son public et ses collègues. 1963 voit l’éclosion du jeune Bob Dylan, encore emprunté et parrainé par Joan Baez. 1964 est l’année de la consécration. Devant l’intensité des rappels, Bob Dylan a de la peine à quitter la scène. 1965 c’est la maturité mais aussi la transgression. Dylan est en voie de starification, avec un visage plus tendu : le soir il arrive sur scène avec Mike Bloomfield à la guitare et Al Kooper à l’orgue pour un set électrique qui fait gronder le public. Dans les coulisses le ton monte avec Pete Seeger qui fait le coup de poing avec Grossman le producteur de Dylan. Pour le coup ce grand bonhomme de la chanson contestataire fait preuve de raideur et d’intolérance. Autre innovation, si « Maggie’s farm » s’inscrit encore dans une veine contestataire sur l’Amérique conformiste des sixties, en passant à « Like a rolling stone », l’écriture dylanienne a changé , plus intimiste et imagée, plus poétique et moins directement engagée. Devant un public désemparé, Dylan revient et termine son concert avec deux perles acoustiques « Mr Tambourine man » et « It’s all over now babyblue ».

Le film en version anglaise : https://ok.ru/video/212689488405

Ce DVD est disponible dans la vidéothèque de Cinezic (prêt de Françoise et Jean Pierre).

L e matériel accumulé par Murray Lerner sera largement exploité par l’œuvre de Martin Scorsese consacrée à Bob Dylan : « No direction Home : Bob Dylan ». 2005. 208 mn soit 3h30 de documents extraordinaires retraçant la vie de l’artiste. Un document fleuve réalisé par Martin Scorsese, géant du cinéma mondial, collectionneur de prix et de récompenses (Oscars, Césars, Lion d’or…. Présidence de jury…), accumulant les succès : Taxi Driver, Les affranchis, Gang of New york, Raging Bull, La dernière tentation du Christ, travaillant avec Robert de Niro, Léonardo di Caprio, John Turturo…. Scorsese s’est souvent frotté au film musical : « New York, New York » avec Vincente Minelli, « Living on the modern material » sur George Harrisson en 2011. Il est particulièrement attiré par la personnalité de Bob Dylan qui intervient dans trois de ses films dont le fameux « No direction home » de 2005. Le film porte sur les débuts de la carrière de Bob Dylan, centré sur la période 1961, date de son arrivée à New York, à 1966, au moment de son « accident de moto » (dont certains pensent qu’il n’est qu’un alibi pour s’enfuir). La notion d’engagement, l’évolution du style musical du folk au rock sont au cœur du film dans lequel on croise de nombreuses célébrités sources d’inspiration ou membres de son proche environnement : Joan Baez, Suze Rotolo, Allen Ginsberg, Al Kooper, Dave Van Ronk, Maria Muldaur, D.A. Pennebaker.

La bande originale du film a fait l’objet d’une édition dans le cadre des « Bootleg series »

La scène culte finale dans laquelle Bob Dylan fait face à ses détracteurs en interprétant « Like a rolling stone » : https://www.youtube.com/watch?v=znrlLDG0ynU

Ce DVD est disponible dans la vidéothèque de Cinezic (prêt de Françoise et Jean Pierre).

Difficile de parler de Bob Dylan et de Scorsese sans dire un mot de « The Last Waltz » («  La dernière valse ») sorti en 1978, 1h56 mn, et considéré comme le meilleur film de concert du cinéma. Le film ne porte pas vraiment sur Bob Dylan qui y fait une apparition incontournable, mais sur le groupe « The Band » et son leader Robbie Robertson. Mais voilà, difficile de parler du Band sans évoquer Dylan avec qui le groupe joue à la fin des années soixante, période difficile dans laquelle The Band doit essuyer les mouvements de mauvaise humeur de la partie du public qui n’accepte pas le changement de style musical. Le film, tourné au Winterland ballroom de San Francisco en 1976 constitue le concert d’adieu du groupe et est l’occasion de voir sur scène une pléthore de grandes vedettes jouant avec the Band : Bob Dylan bien sûr (pour deux chansons) mais aussi Eric Clapton, Joni Mitchell, Stephen Stills, Muddy Waters, Ringo Star, Neil Young, Van Morrison.

« Baby let me follow you down » avec le Band dans « The last waltz » : https://www.youtube.com/watch?v=jPd0EtQ_1Ck

Dernier travail de collaboration entre ces deux géants que sont Dylan et Scorsese, c’est le tout récent « Rolling Thunder revue : a Bob Dylan story » sorti en 2019…mais sur Netflix. Étonnante tournée que cette Rolling thunder, revue où Bob Dylan court les petites salles, enrôle ses copains et partenaires de passage, y compris des écrivains, une tournée, plutôt un échec commercial mais tellement ébouriffante. On y croise Pattie Smith et la violoniste Scarlet Rivera dont le talent n’est pas pour rien dans le succès de « Hurricane » sur l’album « Desiré ».

Référons nous ce qu’en dit le magazine « Rolling Stone » (l’article inclut la bande annonce) : https://www.rollingstone.fr/rolling-thunder-revue-chronique/

«  Don’t look back » de D.A. Pennebaker. 1967. 96 mn. Nous aurions sans doute du commencer par celui-là tant il a marqué les esprits. Et puis c’est l’occasion d’un salut au réalisateur qui nous a quittés en août dernier. On lui doit « Monterey Pop » (1968), « Jimmy plays Monterey », « Ziggy stardust and the spider from mars » (1973) sur un concert de David Bowie. Le film retrace la tournée de Bob Dylan au Royaume Uni en 1965 , celle du célèbre concert au Royal Albert Hall (mais en fait enregistré à Manchester). Joan Baez et Bob Dylan chantent encore ensemble mais sont sur le point de mettre un terme à leur relation de couple. Bob Dylan y rencontre le jeune Donovan. On y croise aussi le poète Allen Ginsberg de la Beat géneration, une rencontre fortuite entre une famille de gitans et le couple Baez Dylan. Mais surtout on assiste au célèbre clip du montage des panneaux sur l’interprétation de « Subterranean homesick blues ». : https://www.youtube.com/watch?v=MGxjIBEZvx0

Dylan et Donovan : https://www.youtube.com/watch?v=hgcDJon02sg

Dans la série des films sur Bob Dylan, il faut faire une place particulière au film de Todd Hazynes « I’m not there » sortie en 2007. Bien accueilli par la critique et primé à Venise, ce film de fiction bouscule les règles du biopic et nous présente un portrait éclaté de Dylan interprété par 6 acteurs différents (dont une femme, Cate Blanchett) chacun illustrant une des facettes de la personnalité complexe du chanteur. Une excellente bande son et de belles images. Le film utilise une quarantaine de titres de Bob Dylan interprétés par d’autres musiciens comme Calexico, Roger Mc Guinn (the byrds), Richie Havens, Sonic Youthe, Los Lobos, Charlotte gainsbourg (« Just like a woman »), Tom Verlaine, Ramblin’Jack Elliott et le Million dollar bashers, super groupe formé pour l’occasion et incluant Tom Verlaine.

L a bande d’annonce : https://www.youtube.com/watch?v=Kwt5acblYA8

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=elVGCsB4-pE

D e « I’m not there » à la fiction il n’y a qu’un pas tant ce biopic tient plus de la fiction par son originalité que du documentaire. Avec « Pat Garrett and Billy the Kid » réalisé par Sam Peckinpah en 1973, nous sommes en pleine fiction, même si le film prend comme point de départ une histoire de l’ouest : le conflit entre le shérif Pat Garret et le bandit Billy the kid. Un vrai western, avec de belles bagarres, des tronches dignes d’un western spaghetti. Dylan y tient le rôle d’Alias, aux côtés de James Coburn (P. Garret) et Kris Kristofferson (Billy), le chanteur resté célèbre comme l’auteur du fameux « Me and Bobby McGee », immortalisé par Janis Joplin (et le Grateful Dead NDLC). Outre le fait d’occuper un rôle important dans le film, Bob Dylan est chargé de la bande originale dont le fameux « Knock’in on heaven’s door » qui fera l’objet de très nombreuses reprises.

« Knock’in on heaven’s door » en scène : https://www.youtube.com/watch?v=yjR7_U2u3sM

« My own love song » réalisé par le français Olivier Dahan (« La môme ») 2010. 1h45. Un joli film porté par le magnifique Forest Whitaker. Une ex chanteuse handicapée entreprend un voyage pour revoir son fils dont elle vit séparé, voyage au cours duquel elle composera une belle chanson d’amour. Bob Dylan compose une BO de qualité. Bande annonce (en vo) : https://www.youtube.com/watch?v=psYw_IvhbiU

« Hearts of Fire » de Richard Marquand et Scott Richardson. 1987. Ce film ne marquera pas l’histoire du cinéma. Bob Dylan y incarne une ancienne star de la chanson reconvertie dans l’élevage de poulets, qui se dispute sa petite amie, elle même chanteuse , avec un jeune premier. Le film est un bel échec commercial, rapidement retiré des salles.

Plus consistant « Masked and anonymous » ne fera pas l’objet d’une exploitation en salle et sortira directement en DVD. Ce film de Larry Charles (112mn. 2003) conte l’histoire d’un chanteur sorti de prison dans une Amérique post apocalyptique, et qui doit organiser un concert caritatif et pacifiste. Bob Dylan en coécrit le scénario et tient le rôle principal en plus de l’écriture de la bande son. La bande annonce mais en VO : https://www.youtube.com/watch?v=gPYOqs8kwLI&list=PLIbW0aQjCO19He7deD1cPO4UFCj7zLY9p

« Eat the document » est une curiosité. Réalisé en 1972 par Dylan lui-même encore sur la fameuse tournée britannique de 1966 avec le groupe The Hawks qui deviendra The Band, à partir des séquences tournées par P.A. Pennebaker. On y voit Dylan parlant came avec John Lennon, ou encore en duo avec Johnny Cash. Cette œuvre ne connaîtra ni sortie en salle, ni exploitation vidéo. Il n’est donc accessible qu’à partir de bandes clandestines. Pour les fans de Dylan exclusivement. Je ne peux pas faire mieux comme présentation que Blow up d’arte : https://www.arte.tv/fr/videos/072401-094-A/blow-up-vous-avez-vu-eat-the-document-de-bob-dylan/

Pour finir « Going electric » de James Mangold (réalisateur de « Walk the line », biopic sur Johnny Cash) n’est pas encore sorti. On y retrouve Timothée Chalamet dans le rôle du jeune Bob Dylan lors de son ascension et de son passage au rock. Pour la petite histoire Timothée Chalamet, acteur franco-américain en pleine révélation (plusieurs fois nominé) a passé toutes ses vacances chez ses grands-parents au Chambon sur Lignon. On attend avec impatience.

A bientôt.

Brèves N°8

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Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 8. Mars 2020.

« Fame 2020 » # 6.

Nos cousins de Paris viennent de terminer leur 6ème édition alors que nous nous plongeons dans l’organisation de la 5ème édition de Cinézic, l’occasion de jeter un œil à leur programmation. Cette 6ème édition de Fame présente un bel éclectisme entre l’underground et les minorités urbaines new-yorkaises (« Paris is burnin »), les musiques électroniques, bien servies, mais aussi les classiques (« Peau d’âne » de Jacques Demy et sa distribution stratosphérique, sans oublier les petits avec un ensemble de dessins animés tchèques autour du Criquet par le père de la petite taupe. (ma petite fille Cléo bat des mains et crie « oh oui, oh oui!). Quelques trouvailles qui pourraient nous aller comme un gant avec « My Friend Fela », documentaire de 1h30 sur le roi du funk nigérien, « A dog called money » consacré la chanteuse P.J. Harvey, ou encore Cosmic trip, commande d’Arte à Gaétan Chataigner et Christophe Conte que nous verrions avec plaisir lors d’une prochaine édition de Cinézic.

Pour en savoir plus : https://gaite-lyrique.net/festival/fame-2020

Sur les écrans :

« Système K » de Renaud Barret.

«  Système K » est un film sur les arts de rue à Kinshasa. Comme pour tous les films sur Kinshasa c’est la ville qui tient le premier rôle. On ne sort pas indemne de ce film que ne renierait pas notre ami Pierrot. Film peu musical ou alors sur une musique des origines, primitive, bricolée sur d’improbables matériaux de récupération, envolée à peine jouée. Le film illustre plutôt des formes d’arts plastique ou de spectacles d’art vivant. Recherche permanente dans ce qui seraient les rebuts de nos ressourceries et déchetteries. Les spectateurs : la foule mélangée et bariolée des rues de Kinshasa. Nous avons repensé parfois aux spectacles les plus déjantés de Royal de Luxe d’il y a 40 ans, à la carapace de l’homme qui faisait danser les eaux dans les rues de Florac ou aux hommes araignées courant sur les « toiles » tissés entre les maisons toujours à Florac ou encore à Mad max mais en moins policé. Film déstabilisant, dérangeant car on ne sait s’il ressuscite les bas-fonds des villes médiévales ou préfigure notre monde de demain. En tout cas un vrai laboratoire artistique. Mais attention, comme je le dis plus haut, on en sort pas indemne.

http://www.lux-valence.com/

Retour sur programmation : « Bungalow sessions » de Nicolas Drolc. Extrait.

Konrad Werk A.K.A Possessed by Paul James grandit en Floride rurale, dans une famille d’amish-mennonite. Dans cette ambiance, il développe un sens aigu de la justice sociale dés le plus jeune âge. Aujourd’hui installé dans une petite ville du Texas avec femme et enfants, il travaille comme instituteur auprès d’un public de gamins handicapés physiques et mentaux la semaine et comme musicien le week-end.« Les envoûtants concerts de Possessed by Paul James ne laissent personne indifférent. Le mélange de musique trad, d’émotions brutes et de tension électrique qui se répand partout dans la salle pendant ses concerts soulève les tripes et dégage l’énergie d’un caténaire accidenté dont les fils dénudés arroseraient l’environnement de fascinantes et dangereuses étincelles ».

« Passionne » de John Turturo. 2010. 90 mn. Italie. Un film hommage à la chanson napolitaine par John Turturo, acteur prolixe du cinéma américain. Il a tourné dans plus de soixante films sous la direction des frères Cohen (« O’brother », « The big Lebowski dans lequel il interprète un joueur de bowling) mais encore avec Robert Redford, Michael Cimino, Spike Lee, Woody Allen…. Et bien d’autres. Il se lance aussi dans la réalisation . Son dernier film « The jesus rolls » croise un remake des « Valseuses » et un retour sur son personnage dans « The big Lebowski ». Dans « Passione » réalisé en 2010, il met en scène avec brio la chanson populaire de Naples, région dont sa famille est originaire. La chanson napolitaine, chantée en napolitain, le plus souvent par des hommes seuls et à capella, directement dans les rues et les espaces urbains de la ville de Naples. Des « tarentelles » au rythme enlevé ou des « nenia », chansons de deuil, souvent reprises par des vedettes internationales (Luciano Pavarotti, Dalida, Tino Rossi et même Elvis Presley mais pas dans sa période rock’n’roll) pour produire des succès internationaux (si vous ne connaissez pas « O sole mio » faites-moi signe). Il nous faudra encore patienter pour découvrir ce film de JohnTurturo sorti il y a dix ans mais pas en France. La chanson napolitaine mise à l’écran dans la ville.

PS : si vous avez le contact avec John Turturo, dites-lui qu’il est invité à sortir son film en France et à l’apéro de Cinézic.

« Une nuit à Casablanca ». 1946. Film de Archie Mayo. 1H25.Avec les Marx Brothers.

L ’histoire des Marx brothers ne peut s’inventer. Le père, M. Marrix, tailleur issu de la communauté juive d’Alsace, émigre aux USA à la fin du 19ème, échoue dans les communautés ethniques d’outre atlantique, prend le nom Marx, épouse Miene (Minnie) Schoenberg, jeune juive originaire de Prusse, qui lui donnera 6 enfants dont un mourra très jeune. Dans un milieu pauvre, c’est le monde du spectacle qui donne à Minnie l’espoir d’une ascension sociale pour ses enfants. Elle veillera donc à la formation artistique de tous ses enfants : le piano pour Chico, la harpe pour Harpo, la guitare et le chant pour Groucho, le chant pour les autres. Si tous trouveront leur voie dans le milieu du spectacle, Zeppo n’apparaîtra que dans les 5 premiers films jouant le rôle d’un jeune premier « normal » au milieu des délires de ses frères. C’est d’abord dans le music- hall, en passant par Broadway que les Marx brothers créeront leurs premières œuvres . La naissance du cinéma parlant leur permettra de glisser de la scène à l’écran, popularisant leurs personnages burlesques et iconoclastes qui feront leur succès.

Dans « Une nuit à Casablanca », Chico nous délivre un morceau de piano d’anthologie dans lequel il exprime son style et ses talents, non sans adresser un clin d’œil à la danse des petits pains de Charlot dans « La ruée vers l’or ». Harpo lui répond par un morceau de harpe de nature à exprimer toute la virtuosité mais aussi toute la poésie de ce personnage muet dont les vêtements recèlent une montagne d’objets les plus divers. Répliques de Groucho, dialogues frénétiques de Chico et Harpo, « Une nuit à Casablanca, à l’image des films des Marx brothers, se savoure sur un rythme trépidant.

De quoi permettre à Cinézic de se déclarer marxiste, oui, mais tendance Groucho.

Chico au Piano : https://www.youtube.com/watch?v=3M415DZei0U

et Harpo à la harpe : https://www.youtube.com/watch?v=X4NtCy9MfYk

Un dialogue imagé : https://www.youtube.com/watch?v=j7NLT2FRO60&t=10s

Laterit production. Créée en 1988 par Marie-Clémence Andriamonta-Paes et Cesar Paes, « Laterit production » est une maison de production, de distribution et d’édition indépendante, installée à Paris. La maison de production s’est spécialisée dans les films sur la mémoire et la culture malgaches. Éditeur engagé, le couple Paes revisite l’Histoire, parfois douloureuse, de Madagascar. On pense aux tragiques événements de 1947 mais aussi au néocolonialisme et à la situation sociale des populations malgaches. L’originalité de cette production est le rôle joué par la musique comme fil conducteur des récits de ces documentaires et films de fiction.

« Mahaléo », réalisé en 2005 porte sur le groupe de musique du même nom, formé dans le contexte de la révolte de 1972. Depuis, le groupe, très populaire, a accompagné l’Histoire et l’évolution de Madagascar . Les 7 membres du groupe, médecins, chirurgiens, agriculteurs, sociologues ou députés, sont très engagés dans développement du pays.

Dans « L’opéra du bout du monde », les auteurs font le récit de la création d’un opéra réunionnais sur la conquête de la Réunion par les officiers de Louis XIV.

« Fahavalo » de Clémence Paes, réalisé en 2019, évoque la mémoire de l’insurrection de 1947.

Nous pourrions encore citer « Songs for Madagascar » (disponible dans la vidéothèque de Cinézic) http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19572017&cfilm=256579.html ou encore « Saudado do futur », Chronique très chantée du quotidien des nordestins brésiliens dans la ville de Sao Paulo (Ah ! Là nous ne sommes plus dans l’océan indien !).

Arrêtons-nous sur « Haingosoa » la dernière œuvre de Laterit production, sortie en mars 2020, film de Edouard Joubaud (1h12). Le film suit Haingo, jeune mère célibataire du Sud de Madagascar qui n’arrive plus à payer la scolarité de sa fille. Elle va tenter sa chance dans une troupe de danse à la capitale. Un synopsis qui rappelle celui de « Félicité », film d’Alain Gomis qui a pour cadre Kinshasa.

Un site très riche : Piano Web.

https://www.pianoweb.fr/

Site d’enseignement et d’infos pour les pianistes, le site est plein d’informations en tout genre sur le piano. Le cinéma trouve une place privilégiée que ce soit dans la rubrique  Pages spéciales vidéos  (In Media) avec des analyses sur Chico (le pianiste) et Harpo (le harpiste) des Marx brothers et leurs délirantes comédies musicales ou encore Serge Gainsbourg ou Bernstein. Dans la rubrique Piano et cinéma (https://www.pianoweb.fr/piano-cinema.php ), ce sont 45 films qui sont présentés dans des styles très variés : le rock de Jerry Lee Lewis dans « Great Balls of fire », la musique classique dans « Le silence avant Bach » ou encore « Tirez sur le pianiste » de François Truffaut (1960) avec Aznavour dans le rôle du pianiste, « La dame du 6 » ou encore « Attila Marcel » par l’auteur des « Triplettes de Belleville ».

Une rubrique propose même des extraits de concerts (Tigran Hamasyan à la Roque d’Antheron en 2011, Keith Jarret au Japon en 198…).

De quoi faire quelques belles découvertes.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19587342&cfilm=280247.html

La vidéothèque de Cinézic s’enrichit :

« Éclairage intime » Tchécoslovaquie. De Ivan Passer. 1965. 72 mn. Fiction

« Wild Rose » 2018. De Tom Hrper avec Jessie Buckley. Fiction

« 2000 jours sur terre » 2014. 1h37. De Iain Forsyth et Jane Pollard. AvecNick Cave. Documentaire

« Yesterday » 2019. 1h57. De Danny Boyle. Avec Himesh Patel et Lily James. Fiction

« Green Book » 2019. 2h10 mn. De Peter Farrelly. AvecViggo Mortensen, Mahershala Ali et Lionda Cardellini. Biopic de Don Shirley.

« Nashville » de Robert Altman. 1975. 2h39. Comédie musicale, Drame. Attention version anglaise.

« Valse pour Monica » de Per Fly. 2014. 1h51. Biopic, Drame.

« La dame du 6 » de Malcolm Clarke. 2014. 65mn. Documentaire 

« Au bout des doigts » de Ludovic Bernard. 2018. 1h46. Drame, Comédie.

« My fair lady » de George Cukor. 1964. 2h40. Comédie musicale, Drame, Romance.

« I feel good » de Stephan Walker. 2008. 1h48. Documentaire musical.

« Songs for Madagascar » de César Paes. 2017. 1h28. Documentaire.

Emprunts (réservés aux adhérents de Cinézic) auprès de Fifi.

« De battre mon cœur s’est arrêté » de Jacques Audiard. 2005.

« D’une seule voix » de Xavier de Lauzanne. 2009.

« Attila Marcel » de Sylvain Chomet. 2013.

« 4 mn » de Chris Kraus. 2006.

« The music of stranger ». 2016. de Morgan Neville (le réalisateur de « Twenty feet from stardom ») sur l’ensemble Yo-Yo Ma and the silk road ensemble.

« Une nuit à Casablanca » 1946. de Archie Mayo avec les Marx brothers.

Brèves Cinezic N°7

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Les brèves de Cinézic : l’actualité du film musical. N° 7. Décembre 2019.

1 – Chez nos amis du Lux.

La scène du Lux nous éblouit avec sa programmation  « Viva cinéma » consacré aux films du patrimoine restauré, du 22 janvier au 28 janvier.

Quelques dates à ne pas manquer pour les amateurs du film musical et pour Cinézic.

Le cinéma fait la part belle à l’œuvre de Buster Keaton, géant du cinéma.

Dès le 22 janvier à 20 h, ciné concert avec Buster, d’après «La croisière du navigateur » accompagné par Mathieu Bauer à la batterie, Sylvain Cartigny et Lawrence Williams. Textes de Stéphane Goudet. Mathieu Bauer, metteur en scène et musicien, nous propose une lecture originale de l’œuvre du grand Keaton.

Le 25 janvier à 16 h, Franck Loiret, de la cinémathèque de Toulouse présente le ciné concert « Sportif par amour » de Buster Keaton accompagné par le pianiste Mathieu Regnault.

Le 23 janvier à 20h ciné concert avec « Loulou » le chef d’œuvre de Georg Wilhelm Pabst (2h14 – 1929), interprété par Louise Brooks accompagnée par le trio Airelle Besson (Airelle Besson : trompette, Benjamin Moussay : piano, Lyonel Diaz : saxophone).

Le 25 janvier à 18 h, un voyage en Italie du Nord,  ensemble de cinq courts métrages tournés en Italie du Nord en 1922, accompagné par le duo Red et Buster ( Johann Percival et Nicolas Setton, guitares et basses électriques). Durée 45 mn. Suivi de «  La Galerie des monstres » de Jaque Catelein (1924) sur le piano de Nathanaël Bergèse.

Enfin le dimanche 25 janvier un ciné brunch musical : Hommage à Georges Méliès à savourer avec les enfants sur un accompagnement de la classe musique à l’image du conservatoire de Valence Romans, dirigée par Nathanaël Bergèse.

Extraits du programme de « Viva Cinéma » du Lux Valence entre autres films à découvrir ou redécouvrir en version restaurée. Des acteurs du cinéma et du ciné concert à rencontrer, des ressources à découvrir. Programme détaillé sur :

https://www.lux-valence.com/calendrier/viva-cinema-2/

2 – Retour sur la quatrième édition de Cinézic.

Bungalow sessions de Nicolas Drolc

Ce dimanche 27 octobre, devant une assistance réduite dans le magnifique bâtiment du prieuré Saint Félix, Nicolas Drolc nous a présenté son film « Bungalow sessions » ainsi que le musicien Andy Dale, présent sur le film. Souvenirs….

« J’ai rencontré Andy Dale Petty à Huntsville, en Alabama. Dans une de ses poches il conservait soigneusement une carte du réseau ferroviaire de l’Alabama. Il m’a raconté à quel point il aimait voyager dans des trains de marchandises, à la manière des hobos des années 30. Il m’a appris comment courir le long d’un train en marche, comment sauter dans un wagon, en surveillant bien les rayons des roues car ceux-ci peuvent à tout moment vous découper un membre et même la tête. Plus tard, ce jour-là, Andy s’est assoupi sur le bois d’un porche humide. Le lendemain, il nous a réveillé au son de sa guitare. Ce sont des types de la trempe d’Andy qui font de l’Amérique ce cauchemar joyeux qu’elle est encore de nos jours […]

Si par hasard un jour vous croisez Andy le long du chemin de fer, offrez-lui une boite de haricots rouges. Et aussi un hot dog. Il l’aura bien mérité ». Buddah Kahn

Nous n’avions ni haricots rouges, ni hot dog, mais saucisses, jambonnette et jambon du cru, du bon vin et de l’eau de vie pour une belle soirée. Chabrot Andy !

Andy Dale Petty en direct au prieuré Saint Félix

3 – Les perles de la comédie musicale.

« Brigadoon » de Vincente Minelli. 1954.

Brigadoon est une comédie musicale créée à Broadway par Alan Lerner et Frederik Loewe en 1947 et adaptée ensuite, comme souvent dans le genre, au cinéma par Vincente Minelli avec Gene Kelly et Cyd Charisse dans les rôles principaux.

Deux chasseurs découvrent par hasard un village hors du temps qui ne vit qu’un jour par siècle au rythme de la vie quotidienne du 18ème siècle. Tommy, interprété par Gene Kelly, ne manque pas de tomber amoureux de la belle Fiona dans un décor de papier peint et de carton-pâte qui ne manque pas de donner au film son côté conte de fées. Mais voilà pour Fiona quitter Brigadoon c’est condamner le village à tout jamais. Tommy partira pour s’apercevoir qu’il ne peut vivre sans sa belle qu’il ira retrouver définitivement. Tout y est en plus de l’histoire, du happy end et des décors ; chansons, chorégraphies, claquettes. Ce film, plutôt boudé par le public, est devenu pour certains un mythe, considéré comme un des sommets (un peu kitsch) de la comédie musicale. Il en balise aussi son déclin avant le renouveau marqué par « West Side Story » au début de la décennie suivante puis « Hair » de Milos Forman  et « Les blues brothers ».

Merci à Chantal et Laurent de nous avoir fait redécouvrir cette pépite.

En savoir plus : http://www.dvdclassik.com/critique/brigadoon-minnelli

un extrait : Gene Kelly sous les yeux du très sceptique Jeff Douglas interprété par Van Johnson (ah la déclaration d’amour adressé au cochon!!!) : https://www.youtube.com/watch?v=1qYCDEsersw

Un autre pour la grâce de Fiona alias Cyd Charisse : https://www.youtube.com/watch?v=xNKtQjOtous

4 – Patrimoine :

« L’audition » de Milos Forman. Le cinéma patrimoine remet en avant les premiers films de Milos Forman, tournés en Tchécoslovaquie avant 1968. Le cinéaste, à qui l’on doit « Taking off » (1971), portrait au vitriol de la classe moyenne américaine, « Vol au-dessus d’un nid de coucou » (1975), « Hair » (1979), « Ragtime » (1981), « Amadeus » (1985), a réalisé trois films avant son exil de Tchécoslovaquie. Ce sont ces films qui ressortent aujourd’hui en version restaurée sur nos écrans (dont le Vivarais à Privas).

« L’audition » sort en 1964. Tourné avec un matériel rudimentaire, le film se décompose en deux moyens métrages réunis pour atteindre le format long métrage nécessaire pour une exploitation en salle. Dans « Ah, s’il n’y avait pas ces guinguettes » on suit les répétitions de deux fanfares préparant le grand concours officiel des fanfares. Le jeune Vlado, tromboniste dans l’une des deux et Blumental, trompettiste dans l’autre, cherchent à se libérer pour aller assister à une course de motos. Virés de leur orchestre, ils finissent par échanger leurs places.

Dans « L’audition » Milos Forman film une audition de jeunes chanteuses qui cherchent à intégrer un célèbre théâtre à la mode. Une jeune pédicure sèche le travail pour accomplir sa prestation, la chanteuse Véra perd tous ses moyens devant le micro…. Avec humour, compassion et parfois cruauté, le film en dit long sur les espoirs, illusions, déceptions de ces jeunes filles et sur la société tchèque de l’époque.

Milos Forman à propos du film :

  • « Nous entreprîmes le tournage d’une sorte de documentaire muet sur un cabaret voué à la musique pop et qui venait de s’ouvrir à Prague, où il était vite devenu le dernier endroit à la mode. Il s’appelait le Semafor, et ses deux protagonistes, Jiri Suchy et Jiri Slitr, étaient des amis de longue date. Comme ils nous permettaient de circuler librement dans l’établissement, nous filmions, jour après jour, tout ce qu’il se passait. Ce que j’y vis de plus étonnant fut une audition organisée pour recruter des chanteuses. J’étais sidéré par l’effet qu’un simple micro pouvait produire sur ces filles. Ce gros pied métallique agissait sur elles comme une baguette magique capable de leur donner la voix et la beauté qui leur faisaient défaut. Le dernier des petits laiderons à peine sorti de l’adolescence se transformait en une vamp effrontée, celle qui chantait faux se mettait à glapir à pleine voix, celle que paralysait la plus maladive des timidités abandonnait toute retenue pour se livrer sans défense à la curiosité d’un public impitoyable. Cela en devenait, par moments, pénible à regarder. Les jeunes femmes qui s’exhibaient ainsi, poussées par une ambition frénétique, nous révélaient les traits les plus intimes de leur personnalité, et ce qu’on apercevait était parfois si malsain, si narcissique, qu’on était tenté de détourner les yeux. Je décidai de filmer une séance d’auditions sans jamais détourner les yeux. Mon documentaire offrirait un regard sans concession sur ce cruel phénomène, et je le présenterais pour ce qu’il était. »
  • À propos de l’attribution du rôle à Věra Křesadlová (future deuxième épouse de Milos Forman) : « Trois filles montèrent sur scène, annoncèrent une chanson intraduisible en tchèque et se lancèrent dans une interprétation endiablée de The Loco-Motion. Je ne pouvais pas détacher mes yeux de la grande fille brune, une beauté aux lèvres boudeuses, qui semblait être leader du groupe. Je me lançai à sa recherche et lui proposai, au téléphone, de faire un essai pour le film, mais elle me dit qu’elle voulait d’abord en discuter. Rendez‑vous fut pris dans un café. Elle était ravissante, mais tout juste âgée de dix‑huit ans, et n’avait peur de rien. Ma proposition ne l’enthousiasmait pas, mais elle ne demandait qu’à se laisser convaincre. Elle finit par dire que oui, elle le ferait, à une condition : qu’elle ne soit pas seule à figurer dans le film, mais accompagnée des deux autres filles de son groupe. Věra joua dans le film et, grâce à notre simulacre d’audition, décrocha un solide contrat au Semafor, où elle se produisit pendant de longues années. Elle finit aussi, peu à peu, par répondre à mes avances, devint ma petite amie et, plus tard, vint vivre avec moi dans mon appartement. »

Si « L’audition » peut être aisément qualifié de film musical, le film « Les amours d’une blonde » qui n’a rien de musical, n’en est pas moins un chef d’œuvre constitué de scènes d’anthologie : scène du bal où trois militaires vieillissants tentent de draguer trois jeunes filles ou encore dispute familiale à trois dans un lit partagé par le père, la mère et le fils. Monument d’humour, « Les amours d’une blonde » livre un regard poignant sur les illusions et les déceptions de la jeune Andula jouée par Ana Brejchova, première femme de Milos Forman.

Dénoncé par le pouvoir soviétique comme le symbole de la dégénérescence occidentale, Milos Forman quitte la Tchécoslovaquie au moment du Printemps de Prague.

4 – Le petit clin d’œil de Cinézic:

il y a des scènes qui rendent un hommage appuyé à la musique, et des chansons qui collent à merveille à une ambiance cinématographique. L’intro d’ »Apocalypse now » sur « The end » interprété par Jim Morrison, disparu dix ans avant la sortie du film, l’illustre parfaitement.

Bréves Cinezic N°6

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Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 6. septembre 2019.

Chez nos amis

Au Lux : Le jeudi 29 septembre à 20h, Eric Longsworth viendra présenter le film « Randonnée musicale avec Eric Longsworth sur le chemin des huguenots », projection ponctuée par une improvisation du talentueux violoncelliste accompagné des musiciens amateurs invités.

Projection de « Amazing Grace » le 14 septembre (attention ! jour des vendanges festives de Cinezic) à 20h30.

Le 24 septembre à 18h30 le réalisateur Jean Charles Mbotti Malolo viendra présenter son travail au sein de Folimage le mardi 24 septembre à 18h30. Au programme « Make it soul » 2018. 14mn. A suivre avec attention pour Cinézic :

https://www.arte.tv/fr/videos/066352-000-A/make-it-soul/

Et encore, du 30 août au 24 septembre, la trilogie « Flamenca » de Carlos Saura : « Noces de sang » (1981), « Carmen » (1983) et « L’amour sorcier » (1986).

Au Navire et en avant-première le mercredi 25 septembre à 20 h « Le regard de Charles ». Une plongée dans l’univers de Charles Aznavour, filmé par … Charles Aznavour . https://www.lenavire.fr/valence/film/287517/

Au Mistral palace à Valence, les 17, 18, 19 et 23 octobre, événement « Rock this town » avec en parallèle et en partenariat avec la salle  Le Navire , une incursion marquée dans le cinéma musical ; 4 films au programme : « Inna de Yard » (voir plus bas), « Haut les filles » un documentaire à suivre sur le rock féminin français, « Daniel Darc, pieces of my life » documentaire sur le chanteur de Taxi girl et « Lord of Chaos », triller sur fond de métal norvégien.

Radio

France inter nous propose une émission régulière qui ne peut laisser indifférent les afficionados de Cinézic : Ciné qui chante, du lundi au vendredi à 10h05 par Laurent Delmas.

Chaque jour une balade enchantée au pays du cinéma : extraits de film, chansons et archives seront au rendez-vous, présentés et racontés par Laurent Delmas avec tous les jours un invité (actrice, acteur, cinéaste, chanteuse ou chanteur) qui proposera aux auditeurs sa programmation de chansons sur grand écran.

Un exemple :  Les années soixante au cinéma  avec « La menteuse » par Corinne Marchand dans Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda (1962), « L’amour à vingt ans » par Xavier Delmas dans L’amour à vingt ans de François Truffaut (1962), « Le tour du monde » de Pierre Barouh  dans La Dérive de Paula Delsol (1964), « Hit the road Jack » par Ray Charles dans  Blues for lovers  de Paul Henreid (1965) et bien d’autres trésors sans oublier « Born to be wild » par Steppenwolf dans  Easy Rider  de Denis Hopper (1969). Le tout disponible en podcast pour les retardataires.

https://www.franceinter.fr/emissions/cine-qui-chante

A l’affiche : beaucoup de films musicaux en sortie en ce moment

« Inna de yard ». Juillet 2019. Documentaire de Peter Webber. France. 1H39. Des légendes du reggae se retrouvent 30 ans après leurs débuts pour relancer leur carrière, faire un disque et partir en tournée.

Le film, agrémenté des beaux paysages de la Jamaïque revient sur le parcours chaotique de ces musiciens entre les USA et la Jamaïque, leurs démêlés avec la justice, leurs créations passées, leurs souvenirs et leurs espoirs, alternant interviews, séances d’enregistrement acoustique, et images d’archives. Ce film , bien accueilli par les critiques du public et de la presse, peut laisser le spectateur sur sa faim, ne se dégageant pas toujours des clichés sur ce style de musique. Un moment de grâce, l’interprétation lors d’une séance d’enregistrement de « Black woman » par Judy Mowatt (voir le lien ci-dessous)

« Wild rose ». Juillet 2019. Fiction de Tom Harper. Royaume Uni. 1H40. Rose Lynn, jeune femme au caractère bien trempé, sort de prison et retrouve une existence coincée entre ses charges familiales (deux enfants) et ses rêves de jeune fille : la country et Nashville. Porté par une convaincante Jessie Buckley (chanteuse, actrice, comédienne), le film, plus que musical, propose une analyse assez fine des relations entre grand-mère, mère et enfants, empreintes de beaucoup de tendresse et au final constitue un beau récit du passage à l’âge adulte.

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=g2Tyl_OOAV4

la bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19584185&cfilm=266684.html

« Rude boy : The story of Trojan records ». Film documentaire de Nicolas Jack Davis. Royaume-Uni. 2018. 1h25. Sortie française en attente.

Le film Rude Boy, ou l’histoire de la maison de disques Trojan Records, créée pour et par le reggae, couvre trois périodes :

1) Les pionniers du reggae, sur l’île de la Jamaïque : interviews, scènes d’époque ou reconstituées.

2) Dès 1969 le reggae débarque en Angleterre qu’il finit par conquérir, trustant les sommets des charts avec d’immenses vedettes comme Desmond Dekker, l’ex soudeur qui vendra des millions de disques. On a de la peine à imaginer l’impact social de ces noirs qui, pour la première fois, « colonisent » les écrans de télévision à une époque où le  National Front  d’Enoch Powell séduit nombre de britanniques, dont les skinheads, avec une idéologie ouvertement raciste…

3) Le déclin de ce type de reggae et donc de « Trojan records », laissant la place à un reggae qui finira par déferler sur la France et le monde avec un certain Bob Marley…

Pour plus d’info et du son, et en attendant la sortie du film en France, vous pouvez réécouter les deux excellentes émissions radio de Michka Assayas sur l’histoire du reggae :

https://www.franceinter.fr/emissions/very-good-trip/very-good-trip-18-juin-2018
https://www.franceinter.fr/emissions/very-good-trip/very-good-trip-19-juin-2018

Cinézic 4ème édition :

Avec cette année, des évènements à ne pas manquer et cela dès le week-end d’ouverture du 26 et 27 octobre. Le 27 octobre, Cinézic accueillera le réalisateur Nicolas Drolc qui viendra présenter son film « Bungalow sessions »  à 16 h au Prieuré Saint Félix – Chateauneuf-de- Vernoux :

Certaines tribus indiennes sont persuadées qu’il est impossible de réellement connaître un lieu qui se tiendrait au-delà d’un périmètre de 500m autour de son tipi.Le réalisateur Nicolas Drolc partage visiblement cette idée.  Nicolas Drolc voulait réaliser un film rendant compte du bouillonnement de la scène folk, blues et gospel américaine actuelle, sans pouvoir toutefois quitter sa base -son « bungalow »- situé quelque part dans la ville de Nancy.

Il a résolu le problème géographique en invitant ses musiciens préférés à venir  jouer dans le bistrot du coin, à dormir chez lui puis à se plier à un jeu de questions/réponses improvisées le lendemain des concerts- induisant par là une session d’enregistrement acoustique. 

Le film réunit le troubadour de l’Alabama Andy Dale Petty, la légende de la scène garage de Detroit Danny Kroha (THE GORIES), le prêcheur n’à-qu’un-oeil Reverend Deadeye, le prophète du folk californien Willy Tea Taylor, le songwriter et instituteur Possessed by Paul James et le grand seigneur du gospel de cave the Dad Horse Experience.  M.A. Littler – Slowboat bunker – july 2018

C’est avec le documentaire « Sur les toits » que Nicolas Drolc se fait connaître, document sur la révolte des prisons de 1972 au cours de laquelle les taulards des prisons françaises occupent les toits pour protester contre leurs conditions de détention. Le document sort en 2014 alors que le réalisateur est âgé de 27 ans. Nicolas Drolc poursuit avec un portrait de Serge Livrozet rencontré lors du tournage de « Sur les toits » : « La mort se mérite » sorti en 2017.

Fils de prostituée, ancien plombier devenu perceur de coffre-fort pour s’extraire de sa condition sociale, incarcéré à plusieurs reprises, intellectuel et écrivain autodidacte, éditeur, ami de Michel Foucault avec qui il fonda le Comité d’Action des Prisonniers, figure de la contre-culture française des années 70 et co-fondateur du journal Libération, Serge Livrozet, 77 ans, ne regrette rien.
Devant la caméra intimiste de Nicolas Drolc, cet « anarchiste qui n’aime pas les bombes » se laisse dresser le portrait en n’étant tendre ni avec lui-même, ni avec la vie et les plaisirs qu’il y recherche pour « rendre ce séjour merdique le moins désagréable possible ».
Films et documentaires. com

En 2018 Nicolas Drolc réalise « Bungalow sessions ». Il sera avec nous pour échanger sur son film, sur son métier le dimanche 27 octobre.

Et parce que Cinézic ne fait rien à moitié, le chanteur folk Andy Dale Petty nous fera profiter de ses talents d’instrumentiste (guitare, Banjo) en prolongeant son passage dans le film.

Andy Dale Petty est un musicien de folk et de blue grass dans la tradition de Woody Guthrie et Mississippi John Hurt. Né en Géorgie en 1985, il est élevé par sa mère et un clan de cousins. Son premier instrument est l’harmonica, puis le ukulélé qui l’amène vers la guitare et le banjo. Il devient musicien de rue, arpente les petites villes du Tennessee avant de sillonner l’Amérique en train et à pied.

Andy Dale Petty dans le film « Bungalow sessions ». Extrait : https://www.youtube.com/watch?v=lahotdM1O4E

Et n’oubliez pas de suivre l’actualité de Cinézic sur : https://www.facebook.com/Cinezic

Brèves Cinezic N° 5

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Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 5 : juin 2019.

  • Chez nos amis. Lux scène nationale Valence : nouvelle saison (2019-2020).

Ce mardi 25 janvier voyait le Lux annoncer sa prochaine saison, un événement auquel Cinézic était invité. Une nouvelle saison pleine de surprises avec pour objectif de « ré enchanter le présent », une belle priorité pour les temps à venir. Si la programmation cinéma n’est pas encore tout à fait bouclée pour faire l’objet d’une présentation, quelques dates ne devraient pas manquer de susciter de l’intérêt chez le public Cinézic. Le samedi 19 septembre à 19 h le double talent de chorégraphe et de cinéaste de Christophe Haleb nous invite au travers des films de la série « Entropico » à découvrir l’appropriation des espaces publics par de jeunes danseurs, corps mouvants sur musique urbaine entre Marseille, La Havane et Fort de France : vivifiant !

Pour les jazzophiles, le quartet de Louis Sclavis rend hommage au maître du street art Ernest Pignon le jeudi 14 novembre à 20 h dans un dialogue entre œuvres picturales et musique.

Le mercredi 22 janvier, Lux nous invite à une rencontre entre le trio de Mathieu Bauer, Buster Keaton dans « La croisière du Navigator », l’acrobate comédien Arthur Sidoroff et le conférencier Stéphane Goudet, spécialiste de Keaton.

Et bien d’autres dates et spectacles à découvrir notamment pour les amateurs de danse. A découvrir sur le site du Lux :

https://www.lux-valence.com/
  • Jazz en Vivarais :

Lors de sa 12ème édition (9 et 10 août 2019), Jazz en Vivarais a la bonne idée d’inviter le pianiste new-yorkais Joël Forrester et son sextet (avec François Gallix à la contrebasse). Les cinéziciennes et cinéziciens ont eu le plaisir de découvrir le grand talent de Joël Forrester lors du dernier festival Cinézic en accompagnement de « La ruée vers l’or ». A ne pas manquer le samedi 10 août !

  • A l’affiche.

Beaucoup de films musicaux en sortie en ce moment.

On ne s’étalera pas sur « Rocketman » de Dexter Flechter, le biopic de Elton John qui vient de sortir et qui fait la une des médias. A Cinézic on n’a pas trop aimé malgré le côté indéniablement musical de l’œuvre. Soyons méchant et livrons la critique d’Olivier Lamm du journal Libération : « Au-delà de l’indécente hypocrisie qui s’affiche, « Rocketman » est éprouvant d’un bout à l’autre pour sa tapageuse insipidité (une invention esthétique exclusive de notre époque sur laquelle il faudra un jour revenir) et sa manière odieuse de traiter l’histoire – par-dessus la jambe ». Libération. 28 mai 2019.

« Amazing Grace ». Documentaire. 2019. 1h27 mn. Los Angeles, janvier 1972, dans une petite église en plein cœur du quartier de Watts (ghetto noir), Aretha Franklin donne un concert dans une cadre intimiste (enfin pas si intimiste que ça, on discerne dans l’assistance un certain Mick Jaeger). Le concert donnera lieu à un enregistrement, chef d’œuvre de la soul music : l’album « Amazing Grace ». Mais voilà, le concert a fait l’objet d’un film qui ressort aujourd’hui sous la patte d’Allan Elliott et de Sydney Pollack. Alors oui, c’est bien un moment de Grace qui mériterait une programmation dans le cadre de Cinézic, festival du film musical de Vernoux en Vivarais.

« Bright light – Karen and the process ». De Emmanuelle Antille. 2018. Suisse. C’est sûr, pas la même couverture médiatique que pour Elton John. Née en 1937, Karen Dalton est un peu la sœur aînée des folksingers des années 60. Elle se distingue par une voix qui vous prend à la gorge et par son jeu de guitare ou de banjo « long neck ». Elle côtoie Fred Neil (« The oter side of this life »), Dino Valenti (« Let’s get together »), Tim Hardin (« If I where a carpenter »). Bob Dylan dit d’elle : « Ma chanteuse préférée… était Karen Dalton. Karen avait une voix comme Billy Holliday et jouait de la guitare comme Jimmy Reed … j’ai chanté avec elle plusieurs fois » ). Deux albums à la fin des années soixante et début des années 70, devenus culte aujourd’hui, ne suffisent pas lui assurer une notoriété. Son incapacité à accepter les règles du show business et du spectacle, son angoisse face au public, la condamnent irrémédiablement. Elle meurt misérablement en 1993 à Woodstock du Sida. C’est un véritable travail d’enquêtrice, d’historienne auquel se livre la réalisatrice Emmanuelle Antille, dans un film plein d’émotion. Cherchant à retrouver l’âme de cette chanteuse de sa cabane du Colorado à Woodstock, dans les rares témoignages, quelques films et surtout ses chansons. Un film émouvant.

Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=TJWj8lyBJ94

Une chanson : https://www.youtube.com/watch?v=k5H4-Eafu8A

Et encore d’autres nouveautés qui trouveront place dans le prochain numéro de « Brèves de Cinézic ».

  • Cinéma Le Vivarais à Privas (notre partenaire pour l’animation scolaire).

Projection de « Yesterday » de Danny Boyle. 1H57. GB. Mercredi 17/7 à 18h ; Vendredi 19/7 à 21 h ; Dimanche 21/7 à 20h30 ; Lundi 22/7 à 20h30 ; Mardi 23/7 à 18h (En VO le mercredi, dimanche et lundi)

Et encore d’autres nouveautés qui trouveront place dans le prochain numéro de « Brèves de Cinézic ».

  • Cinézic 4ème édition :

Il se murmure dans les chaumières que la quatrième édition du festival Cinézic, festival du film musical de Vernoux en Vivarais, pourrait bien s’ouvrir le samedi 26 octobre avec une animation à l’Ehpad Beauregard, des expos photos à la salle Nodon, au Repère, à l’Ehpad (« Aït Séghrouchen – hommes libres de Michel Rissoan), à la bibliothèque municipale et dans d’autres lieux à venir (documents exceptionnels sur le festival folk du Péage de Roussillon – 1972). Mais aussi la projection du film « Diesel » de David Basso, à 18h salle Nodon en présence du réalisateur. Enfin en soirée nos amis de l’association « Konvoi exceptionnel » nous proposent de poursuivre la soirée avec un concert Punk dans le droit fil du film « Diesel » à la salle du Lac à Vernoux-en-Vivarais. Pas de quoi s’ennuyer en attendant la suite des festivités.

  • La vidéothèque de Cinézic : « Twenty feet from stardom »

Bréves cinezic N°4

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Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 4. Avril 2019.

Chez nos amis 

Si vous avez raté « le grand bal » (voir brèves de Cinézic n° 1), Ecran village vous propose deux séances de rattrapage. D’abord le 13 avril à Désaignes, en partenariat avec Musique aux sources. La projection sera accompagnée d’un stage de danse, puis d’un bal folk avec le groupe Cab’cabaret. Enfin à Chalencon le 27 avril, projection suivie d’un bal folk avec Folbemol. Pour plus d’informations voir le site d’Ecran village.

Nous ne sommes pas seuls dans l’univers 

Cinézic a des cousins. Deux manifestations autour du cinéma musical prospèrent dans notre pays, de quoi bientôt former un syndicat, un club……

F.A.M.E , festival international de films sur la musique vient de tenir sa 5ème édition à la Gaité lyrique, au cœur de Paris du 13 au 17 février. « Une compétition, des avants premières exclusives, des films rares et inédits, des performances live et des rencontres, le tout sur 4 jours ». Tout un programme et de quoi donner quelques idées à Cinézic. Cette année, la programmation très éclectique a mis en avant les femmes avec la chanteuse M.Y.A, un documentaire sur la mythique et regrettée Karen Dalton (j’en vois déjà qui écrasent quelques larmes), ou encore les reines californiennes du Grunge L7. A côté la programmation mêle des raretés avant-gardistes ( The unicorn, évocation du confidentiel Peter Grundzien et sa country psychédélique), des films français grand public comme l’humoristique « La fine équipe ». On y croise les déjantés métalleux nordiques de « Heavy trip » ou le label britannique Trojan, phare des musiques jamaïcaines dans les années 60 et 70. Soit une vingtaine d’œuvres cinématographiques. Enfin Bertrand Dicale, auteur de chroniques radiophoniques réputées, a tenu une conférence sur les musiques créoles.

Plus d’informations sur le site de : #FAME2019

Enfin, le bordelais « Festival musical écran» , festival de documentaires musicaux de Bordeaux. « Créé en 2015, le festival MUSICAL ÉCRAN propose, sur une semaine complète, une sélection de films venus des quatre coins du monde qui reflètent l’énergie créatrice de la musique, à la découverte de musiciens, de mouvements, de scènes, de villes, via les époques, les frontières et les genres musicaux ».

Le festival tiendra sa 5ème édition du 7 au 14 avril (dépêchez-vous, il est encore temps!). 2 prix, une programmation riche et éclectique, 6 salles, avec des animations musicales. On retrouve les standards du moment : « Eric Clapton, life in 12 bars », « Rude Boy, the story of Trojan records », « MATANGI / MAYA / M.I.A» mais aussi Johnny Hallyday, du jazz et du folk et bien d’autres choses. 25 films dont 8 en compétition : une belle affiche.

Leur site : www.bordeauxrock.com

Quant à Cinézic, le festival du film musical de Vernoux-en-Vivarais tiendra sa 4ème édition du 26 octobre au 10 novembre avec 8 films, des animations scolaires, des actions avec Le Repère « club d’ados » et bien d’autres choses à venir.

A l’affiche 

« Green book : sur les routes du sud » de Peter Farelly. USA. 2019. 2h10. Avec Viggo Mortensen, Mahershala Ali et Linda Cardinelli. Servi par des acteurs de qualité, ce film se taille un beau succès et vient d’obtenir l’oscar du meilleur film. Biopic, le film retrace l’histoire, vraie, d’une amitié entre le pianiste noir Dr Don Shirley, de formation et de culture très classiques et son chauffeur d’origine italienne, Tony Vallelonga dit Tony Lip, un peu beauf et un peu raciste, prompt à communiquer avec ses poings et qui révèle au fil du film son « cœur d’or ». Embauché pour conduire (et protéger le cas échéant) son employeur lors d’une tournée en 1962, Tony Lipp va petit à petit découvrir le statut impitoyables des noirs dans le sud profond, découvrir le talent de son patron, lui apprendre à déguster le poulet frit avec les doigts…. Le sortir de quelques mauvais pas, le tout, ce qui ne gâte rien, avec une bonne dose d’humour, pendant que Don Shirley tente avec peine « d’éduquer » son employé. Tout au long du film, les prestations talentueuses au piano de Don Shirley, d’abord dans un registre très classique devant la bonne société, puis avec quelques incursions dans les musiques populaires noires nourrissent le côté musical du film. Un beau film, bien humaniste même si parfois un peu simple, mais pourquoi s’en priver par les temps qui courent. Dans un même registre mais pas du tout musical, le film « Miss daisy et son chauffeur », de Bruce Beresford, sorti en 1989, racontait l’histoire d’une amitié entre vieille dame juive et acariâtre et son chauffeur noir et chrétien.

Vie de l’association 

C’est bien parti : le partenariat avec le Repère, club de jeunes installé à Vernoux est lancé. Une première rencontre a eu lieu le jeudi 21 mars au cours de laquelle beaucoup d’idées ont été évoquées. La suite le 23 avril.

La vidéothèque de Cinézic 

Dernières acquisitions (complément à la liste parue dans Brèves n°3) :

« Sonita » de Rokhsareh Ghaemmaghami, avec Sonita Alizadeh. 2016.

« Transylvania » (version italienne) de Tony Gatlif (Jean Pierre et Françoise)

« Eric Clapton, life in 12 bar ». 2019. De Lili Fini Zanuck.

Sauf indication contraire, ces DVD sont la propriété de Cinézic et donc à la disposition des adhérents.

Brèves cinezic N° 3

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Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 3. Mars 2019.

Ils ressortent sur les écrans :

« Tommy » Film britannique de Ken Russel. 1H51. 1975. A l’origine il y a le double album des Who sorti en 1969 et qui se pose comme un « opéra rock » dont les titres s’enchaînent autour d’une même histoire. A cette date les compagnons de Roger Daltrey et Pete Townshend sont au sommet de leur gloire et s’illustrent sur les scènes mondiales comme à Woodstock en jouant les titres phares de leur œuvre : « Acid queen », « Pimball wizard », « I’m set free »… En 1975, le cinéaste subversif et baroque Ken Russell porte à l’écran cette histoire d’un jeune homme sourd muet et aveugle suite à un traumatisme de jeunesse, qui devient une star du flipper avant de connaître ensuite le déclin. Le film est véritablement musical reprenant l’essentiel des titres de l’album d’origine avec souvent des réorchestrations qui peuvent surprendre les amateurs de l’œuvre originale. A côté des membres du groupe, le film présente quelques invités de marque : Eric Clapton, « l’acid queen » Tina Turner, Elton Johnn. « Psychédélique » diront certains, pendant que d’autres qualifieront la construction de « décousue ». L’œuvre de Ken Russell compte d’autres films musicaux comme « La symphonie pathétique » biopic de Tchaïkovski (1970), ou encore « The boy Friend » (1971). Le film « Tommy » fait actuellement l’objet d’une reprise en version remastérisée.

Un extrait de Tommy : https://www.youtube.com/watch?v=Q8blcTsC5bw

«  Farinelli » Film de Gérard Corbiau, réalisé en 1994, biopic du célèbre castrat italien du 18ème siècle, Carlo Broschi dit Farinelli. Le film relève le défi de rendre compte d’une voix exceptionnelle mais dont nous n’avons bien sûr aucune trace auditive, si ce n’est dans les témoignages des contemporains. C’est donc sous le contrôle de l’Ircam qu’une voix de synthèse est réalisée pour le film à partir du mix d’un contre-ténor masculin et d’une soprano féminine, sans doute sans beaucoup de rapport avec la voix authentique du plus célèbre des castrats qui exerça une réelle fascination sur son auditoire. Le reste du film élabore une fiction romanesque sans beaucoup de rapport avec la vie de Farinelli, brodant sur les rapports avec son frère ou avec Haendel. Le film brille par ses décors soignés (et d’ailleurs primés) mais souffre d’une certaine froideur et peut-être de la comparaison avec « Amadeus » de Milos Forman, ce qui lui vaut des critiques contrastées. La vie de Farinelli témoigne quant à elle d’une véritable culture européenne, par ses succès dans toutes les cours du continent, de Naples à Londres, de Versailles à Madrid où il termine sa brillante carrière au service exclusif des souverains d’Espagne.

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=GIPQtelKN28

Les pépites de l’orpailleur :

« Forbidden zone »  Réalisé en 1980 par Richard Elfman ( spécialiste de l’horreur  « L’épouvantail », « Réducteur de têtes »), « Forbidden zone » fait figure d’ovni dans un style loufoque et bricolé. Si pour certains ce film est cultissime, pour d’autres il serait à classer dans un bric à brac amateur sans intérêt s’il n’était sauvé par une bande son exceptionnelle, œuvre du groupe  « Mustic knights of oingo boingo » où officie le frère du réalisateur, Danny Elfman. Le film nous entraîne dans les sous-sols d’une maison habitée par la famille Hercule, sous-sols qui permettent de passer dans une 6ème dimension (vraiment)loufoque et (vraiment) truculente (pour ne pas dire lubrique limite scato). On pense à Alice au pays des merveilles mais avec une Alice pas très sage au langage un peu cru, aux Monthy Python, aux Marx Brothers, aux vieux cartoons et à leurs danses macabres. Un film déjanté, barré, perché mais alors très haut, qui bouge grâce à la musique, patchwork de rumba, jazz, be-bop, swing, scat…. Le film a fait l’objet d’une sortie DVD en 2004. Il est aussi accessible sur You Tube :  https://www.youtube.com/watch?v=xn3C6URr_EY&t=1610s

« Anna » De Pierre Koralnick. 1967. 1h27. Ambiance 1967, le Général est toujours là, la France s’ennuie un peu en attendant le printemps de l’année suivante. En tendant l’oreille on entend quelques bruits bizarres en provenance de l’autre côté de la Manche. Un scénario un peu maigre, un patron de publicité accroche par hasard lors d’une prise de vue le visage d’une jeune fille dont il tombe amoureux. Il part à sa recherche dans les rues de Paris, au bus palladium, à Deauville…..L’occasion d’une comédie musicale où l’on découvre les chorégraphies audacieuses de Victor Upshow, les chansons de Gainsbourg orchestrées par Michel Colombier (qui travaille alors sur la « Messe pour le temps présent » avec Pierre Henry), une prise de vue novatrice. On y croise Eddy Mitchell venu en voisin, Marianne Faithfull pour faire plus british, le swinging London n’est pas loin. Et puis, à côté de Jean Claude Brialy, il y a Anna Karénine toute auréolée de son travail avec Godard, véritable égérie de la Nouvelle Vague, bref tout est dit…. Le film est au programme de la 1ere chaîne française de télévision (à l’époque il y en a 2!!!) en janvier 1967. Plombé par les critiques le film ne sortira pas en salle mais connaîtra une carrière exceptionnelle…. au Japon.

Couvée par Serge Gainsbourg, Anna Karina y délivre sa version de « Sous le soleil exactement », alors que Marianne Faithfull chante « Hier ou demain ». Le film existe en DVD accompagné d’un CD de la bande son. Il a été restauré par l’INA qui le propose dans son catalogue en téléchargement.

Un extrait : https://www.youtube.com/watch?v=QwWk0ZwTA2E

Brèves Cinezic n° 2

Les brèves de Cinézic : L’actualité du film musical. N° 2. février 2019

Vie de l’association :

Cinezic a tenu son assemblée générale ce samedi 19 janvier à Vernoux en présence de Martine Finiels représentant le département et la mairie de Vernoux, Gérard Brosse, représentant la Capca et Françoise Vaux représentant la mairie de Saint Juline le Roux. Vous trouverez à la fin de ce bulletin, le rapport d’activité, les débats sur l’organisation de la quatrième édition du festival, la composition du conseil d’administration et celle du comité de visionnage (qui reste ouvert aux volontaires).

Prochainement sur les écrans d »Ecran Village :

« Hair » de Milos Forman.2h01. Le mercredi 20 février à Vernoux et le mardi 26 février à Lamastre.

La comédie musicale « Hair », créée à Broadway en 1968 en plein cœur du mouvement hippie et de la guerre du Vietnam sera un sucés planétaire et sera jouée tout au long des années 70 et au-delà. C’est en 1979 que Milos Forman (« Taking off », « Vol au-dessus d’un nid de coucou » et qui s’illustrera par la suite dans la veine du film musical, « Ragtime », « Amadeus ») reprend le projet de porter la comédie à l’écran avec un certain décalage dans le temps : en 1979 le « summer of love » est bien loin et les fleurs un peu fanées. Il n’en reste pas moins que le film qui raconte le cheminement d’un jeune rural en partance pour la guerre du Vietnam, et qui s’ouvre à des idées nouvelles au contact d’une bande de hippies, présente une formidable bande son (« Aquarius », « Ain’t go no », « Let the sunshine in ») accompagné de chorégraphies colorées et innovantes. Milos Forman renouvelle ici les codes de la comédie musicale. Plus qu’un film, un formidable témoignage (« toute une époque!!! »).

Festival : « Le tympan dans l’œil » à Grenoble.

Depuis 2010, l’association Stara Zagora, créée en 2005, organise sur l’agglomération un festival du ciné concert dont l’esprit nous plait bien à Cinézic. Sur une dizaine de jours et sur des lieux différents (Cinéma le Mélies, La bobine, Espace 600, salle du Laussy à Gières, Salle noire, Salle des Moais à Saint Martin le Vinoux), l’association présente des ciné concert pour des publics variès (jeune public notamment) avec une place assurée à des comédiens locaux.

Cette année (2018), du 28 novembre au 8 décembre, au cœur d’une programmation riche et variée, retenons la partition jazz du périgourdin Christian Paboeuf sur le film « Gosses de Tokyo » (1932) du japonais Yasujirô OZU, le rock des italiens de Julie’s Haircut sur « The last command » de Joseph Von Sternberg. Le jeune public n’est pas oublié avec l’electro folkdes normands Gablé sur ComiColor, film d’animation des années 30 ou encore les grenoblois de SZ, qui allie l’électronique à l’acoustique sur les films d’animation « L’ourson » , et « le voyage de Boniface ».

A côté des spectacles l’association n’hésite pas à développer des ateliers scolaires, des échanges avec le public. A cinezic, on se verrait bien développer quelques relations avec Stara Zagora. En tout cas, l’an prochain, dans la foulée de Cinezic on essayera d’aller voir ça de plus prêt.

Le site du festival « Le tympan dans l’oeil » : 

https://r.search.yahoo.com/_ylt=AwrIQ2epMUdcE2IAkBiPAwx.;_ylu=X3oDMTByaW11dnNvBGNvbG8DaXIyBHBvcwMxBHZ0aWQDBHNlYwNzcg–/RV=2/RE=1548198442/RO=10/RU=https%3a%2f%2fwww.tympandansloeil.com%2f/RK=2/RS=C3BjKK0fZ.7mgPqMga_0x0Mb3xU-